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Appelez-le GirORdelli !

 

 

Il a écrit sa légende, et celle du Luxembourg un peu malgré lui, sur les pistes de ski. Marc Girardelli, né en juillet 1963 à Lustenau, petite bourgade d’Autriche située à la frontière suisse, n’était en rien prédestiné à représenter un jour le Grand-Duché au sommet de la glisse alpine. Retour sur le parcours d’un athlète
doué pour slalomer sur la poudreuse, mais aussi dans la vie…

C’est à l’âge de 4 ans que le gamin du land du Vorarlberg chausse ses premiers skis. Il ne tarde pas à faire connaître ses prédispositions pour la glisse. En 1975, l’entrée dans la préadolescence rime pour lui avec son premier titre majeur. Il remporte le slalom et le géant du Trofeo Topolino en Italie, qui figure parmi les courses majeures chez les cadets internationaux. La piste paraissait alors toute tracée. Repéré par la fédération autrichienne, il intègre une académie de ski à Schruns, qui se trouve à une centaine de kilomètres du domicile familial. Changement de décor et brusque déracinement, le petit Marc ne parvient pas à se faire aux nouvelles méthodes d’entraînement de la structure. Helmut, son père, très présent, remarque le mal-être de son fils et décide de le retirer de l’académie, ce qui lui coûtera une non-sélection pour les championnats du monde juniors. C’est cet effet boule de neige qui va le pousser à représenter le Grand-Duché de Luxembourg, pourtant situé à quelque 500 kilomètres et six heures du pays. Le choix peut paraître étrange, mais s’avère au final judicieux. Le Luxembourg n’est pas connu pour être une terre de ski, et l’ado de 15 ans peut envisager d’obtenir sa sélection rapidement pour les épreuves de coupe du monde.

L’apatride rafle les titres

Seulement, il y a un hic. Les règles établies par la Fédération internationale de ski sont claires : Girardelli ne pourra pas représenter son nouveau pays avant ses 25 ans dans les compétitions internationales. Dix ans d’attente peuvent sembler longs sur le papier, mais Girardelli n’est pas du genre à ronger son frein.
Cela ne l’empêche pas de remporter ses premiers titres majeurs bien avant. C’est à 21 ans qu’il truste ses premiers podiums et glane ses premières médailles dans les compétitions mondiales. Parpan, Kitzbühel, Borovets ou encore Oslo, la concurrence finit sur les fesses partout où Girardelli passe. Dans la cour des grands, il possède pour seul rival le Suisse Pirmin Zurbriggen. C’est en 1989 que le désormais 100 % Luxembourgeois assoit sa domination sur le cirque blanc.
Une année faste, où il finit récompensé du bronze au slalom et surtout maître du monde en descente, au combiné et au général. Grâce à lui, le monde sait placer le petit État européen sur une mappemonde. Insatiable, le « Grand-Duc des Alpes » continue à empiler les distinctions suprêmes les années suivantes, malgré une grave blessure qui le tient éloigné des pistes à la fin de l’année 90. Après une longue période de rééducation, qui a vu surgir son panel de doutes, le Luxembourgeois reprend les bâtons et signe son retour en décrochant deux médailles d’argent aux Jeux olympiques d’hiver d’Albertville en 1992. Il prendra sa retraite sportive cinq ans plus tard, après avoir considérablement enrichi son armoire à trophées.

Au terme de 17 saisons au plus haut niveau, il a remporté 46 courses sur le circuit mondial et se place comme le quatrième skieur le plus prolifique de tous les temps, devancé seulement par les légendaires Ingemar Stenmark, Hermann Maier et Alberto Tomba. Il apparaît à ce jour comme l’unique quintuple vainqueur du gros Globe de cristal, ce qui fait de lui le recordman de titres en coupe du monde.
Des chiffres qui donnent le vertige. Rien d’illogique, Marc Girardelli demeure à jamais le Luxembourgeois qui surplombe la montagne.

 

Texte : Jocelin Maire

Photos : INS

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