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Tir doré au Mexique

Comme tu le sais, à la rédaction de MENTAL! nous aimons tous les sports. Tous les mois, nous partirons à la découverte de sports qui n’ont malheureusement pas la couverture médiatique qu’ils mériteraient. Nous te proposons de faire connaissance avec ce sport fantastique dans ce premier épisode (qui en comptera 3 par série).

Ce mois-ci, pour toi lecteur, nous nous plongeons dans les coulisses du tir aux armes sportives.

 

GUADALAJARA – MARCH 6: Gold medalist Lyndon SOSA of Luxembourg competes in the Trap Men Final at the Club « Cinegetico Jalisciense, A.C. » during Day 4 of the ISSF World Cup Rifle/Pistol/Shotgun on March 6, 2018 in Guadalajara, Mexico. (Photo by Nicolo Zangirolami)

Lyndon Sosa un prénom et un nom peu courants qui font voyager rien qu’à les prononcer… Il y a bien eu un président américain qui s’appelait Lyndon (Johnson) : seraient-ils tous promis à une grande carrière ? En tous les cas, le nôtre, est bien parti pour. Quelques jours avant qu’il ne devienne le premier Luxembourgeois de l’histoire à remporter une manche de la coupe du monde au Mexique, nous l’avons rencontré au Café Um Rond Point de Kayl, son QG, un de ses fervents admirateurs et… sponsors !

Lyndon, comment et pourquoi choisit-on le tir à l’âge de 14 ans ?

« Mon père cherchait à partager un sport avec moi et avait vainement tenté de m’intéresser aux arts martiaux qu’il avait pratiqué durant 20 ans. C’est lorsqu’il m’emmena au stand de tir à air comprimé carabine, que j’ai trouvé ma voie. J’ai tout de suite aimé devoir être précis, concentré, seul face à sa cible.

J’ai donc commencé à Kayl avec l’air comprimé pendant 3 ans, puis j’ai essayé le tir aux pigeons à Rumelange, juste pour regarder d’abord. Après 2 ou 3 coups, j’étais conquis !

Quel est votre parcours de tireur ?

« À 13/14 ans, je maniais mon premier fusil et pratiquais le Compak Sporting, tir aux clays, avant de choisir de me consacrer au Trap Shooting, qui est un sport olympique.

J’ai remporté à 16 ans, en 2008, mes premiers championnats européens junior, tout juste devenu membre du cadre national pour la saison 2007/2008.

Depuis et entre autres, je me suis classé 14ème aux Championnats du Monde à Munich en 2010, soutenu par mon père qui m’accompagne souvent dans mes déplacements. Puis j’ai enchaîné en me classant 8ème aux Championnats d’Europe à Belgrade en 2011 ; 6ème à Larnaka en 2012. J’ai ensuite terminé 3ème aux Jeux des Petits Etats Européens en 2013, à Luxembourg puis 6ème aux Championnats du Monde en 2014 à Grenade. Champion du monde universitaire en 2016 en Pologne, je viens de remporter une manche de la coupe du monde à Guadalajara début mars.

Quels sont les bons ingrédients pour progresser ?

« Il est indispensable d’être bien entraîné. Depuis 2013, j’ai la chance d’être coaché par Frank Best avec lequel j’ai beaucoup travaillé sur ma technique notamment. Au fil du temps, il est devenu comme un second père pour moi, un coach mental, un ami.

Qu’est-ce qui vous motive le plus ?

« Cette année, je vise de me qualifier pour les Jeux Européens, ce qui génère toujours beaucoup de stress entre l’organisation, le déplacement et les épreuves elles-mêmes.

Mon but ultime est de décrocher une médaille sur des compétitions de haut niveau type Championnats du Monde, car je sais que j’ai les capacités de monter sur le podium.

Comment gère-t-on le stress dans une discipline qui fait très peu appel au mouvement ?

« Chaque tireur a son petit rituel, ses habitudes : utiliser sa respiration, se concentrer sur ce qui fonctionne, se focaliser sur des petits détails (les doigts, la position des muscles, …). Moi je compte les plateaux, je bloque ma tête pour occuper mon mental, ce qui me donne une certaine sécurité.

Si les émotions prennent le dessus, c’est foutu. Il faut rester dans sa bulle ! Tout se joue entre 0,5 et 1 seconde. Or l’Homme n’est pas fait pour ça. Cela requiert donc beaucoup de concentration, parce qu’un dixième de seconde, c’est un point de plus ou de moins.

Et en dehors du tir ?

« Je suis étudiant en mathématiques à l’Uni. Ce n’est pas évident de mener les deux de front, mais je veux continuer à tirer tant que ma vision reste bonne. Plus tard, j’envisage de faire des mathématiques appliquées à la finance ou à l’industrie, parce que je suis fan de probabilités ! En attendant, je donne des cours, même si je n’ai plus besoin d’investir pour le tir, puisque je bénéficie du support financier du Comité olympique, mais aussi de sponsors qui me soutiennent depuis la campagne de crowfunding que j’ai lancée entre 2015 et 2016.

Que diriez-vous à un jeune pour lui donner envie de s’intéresser à votre sport ?

« D’aller sur un stand pour réaliser que c’est bien mieux « en vrai » que dans les jeux vidéo !

Venir voir et comprendre le respect nous avons pour notre arme autant que d’autres pour un animal. Découvrir que l’on peut vider son stress, se couper du monde quotidien, avoir la tête aussi libérée que pour d’autres sports, se sentir autant fatigués. »

GUADALAJARA – MARCH 6: Gold medalist Lyndon SOSA of Luxembourg competes in the Trap Men Final at the Club « Cinegetico Jalisciense, A.C. » during Day 4 of the ISSF World Cup Rifle/Pistol/Shotgun on March 6, 2018 in Guadalajara, Mexico. (Photo by Nicolo Zangirolami)
GUADALAJARA – MARCH 6: Gold medalist Lyndon SOSA of Luxembourg competes in the Trap Men Final at the Club « Cinegetico Jalisciense, A.C. » during Day 4 of the ISSF World Cup Rifle/Pistol/Shotgun on March 6, 2018 in Guadalajara, Mexico. (Photo by Nicolo Zangirolami)
GUADALAJARA – MARCH 6: Gold medalist Lyndon SOSA of Luxembourg competes in the Trap Men Final at the Club « Cinegetico Jalisciense, A.C. » during Day 4 of the ISSF World Cup Rifle/Pistol/Shotgun on March 6, 2018 in Guadalajara, Mexico. (Photo by Nicolo Zangirolami)
GUADALAJARA – MARCH 6: Gold medalist Lyndon SOSA of Luxembourg competes in the Trap Men Final at the Club « Cinegetico Jalisciense, A.C. » during Day 4 of the ISSF World Cup Rifle/Pistol/Shotgun on March 6, 2018 in Guadalajara, Mexico. (Photo by Nicolo Zangirolami)