Rencontre

Johann Bourgadel: “Beaucoup de gens sous-estiment le niveau luxembourgeois”

La deuxième partie de notre épisode consacré à la Jeunesse Junglinster nous mène à la rencontre du technicien Johann Bourgadel. Après avoir fait monter Sanem en Division 1 il y a deux ans, le coach de la Jeunesse s’apprête à envoyer son équipe en Promotion d’Honneur. Rencontre.

Après 17 journées, vous êtes leader de Division 1. Est-ce qu’au moment de t’engager, tu t’attendais à réaliser une telle saison?

Concrètement non. Il ne faut pas oublier qu’on est premier depuis la première journée et notre large victoire 6-1 nous a permis de bien commencer. Je l’espérais mais je ne pensais pas que la mayonnaise prendrait si vite!

Tu as débarqué à la Jeunesse Junglinster après trois ans passés à Sanem, comment se sont noués les contacts?

J’ai d’abord annoncé à mon ancien club Sanem que je ne comptais pas être reconduit la saison suivante. Puis j’ai appris que Junglinster cherchait un coach, je les ai contactés et ma candidature a finalement été retenue.

On te sent vraiment épanoui à la Jeunesse, qu’est ce qui est différent dans ce club selon toi?

Je suis épanoui car je sens la confiance de mon club, celle de mon président et du comité, du staff et des joueurs. C’est aussi forcément lié aux résultats, il ne faut pas se leurrer. Je suis quelqu’un de très ambitieux et le club avait aussi des ambitions, c’est pour ça que ça marche.

Quelle est ta philosophie de jeu?

À la Pep’ Guardiola,  toutes proportions gardées ! J’aime la possession, la projection, le jeu offensif. Je veux que tout le monde participe aux attaques. J’aime le jeu au sol alors on essaye de toujours relancer à partir du gardien. Du moins c’est ce qu’on essaye de mettre en place. C’est comme ça que je conçois le jeu.

Des joueurs ont souligné la bonne ambiance qui régnait dans l’effectif. Que représente pour toi la notion de groupe?

Une bonne ambiance, c‘est presque la base d’une réussite. Quand tout le monde va dans le même sens, on le ressent le week-end. Pour prendre l’exemple du match face à Wormeldange, on était mené mais l’équipe n’a pas paniqué et le groupe est resté très soudé, c’est ce qui a primé. L’aspect humain est important.

Ton équipe n’a pas vraiment été mise à l’épreuve cette saison en championnat…

C’est vrai… Espérons que ça arrive le plus tard possible !

Vous êtes en bonne position pour monter, y’a-t-il un effet Bourgadel?

L’effet Bourgadel (rires)? Il n’y en a pas. Je ne vais pas me tirer la couverture, je dois beaucoup à mon groupe. J’ai utilisé 22-23 joueurs, soit presque l’intégralité des de l’effectif. Ils sont tous concernés. C’est marrant, même eux me taquinent avec  ce soit-disant effet Bourgadel mais je suis simplement un passionné et un amoureux du foot.

Tu as débuté au Luxembourg en tant qu’adjoint d’Abdé Ennassouh à Sanem, il y a moins de trois ans. Quelles sont tes ambitions personnelles en tant que coach?

J’aime les aventures humaines, les projets à long terme. Créer un groupe et monter avec ce groupe, c’est ce que j’aime. Nous sommes au début d’un projet sur trois ans, je suis très épanoui ici et j’aimerais continuer ce beau parcours avec mon club.

Est-ce que ta vision du foot luxembourgeois a changé par rapport à ton arrivée au pays?

Oui, clairement. La plupart des gens décrivent le foot luxembourgeois comme un foot physique mais avec ce mélange de nationalités et de cultures, il y a beaucoup de qualité. Je pense que beaucoup de gens, dont des frontaliers, sous-estiment le niveau luxembourgeois.

Propos recueillis par Yannis Bouaraba