Ugo Nastasi : “Important de se maintenir dans le groupe II ”

Désormais entraîneur/joueur au sein du Tennis club d’Esch, Ugo Nastasi va enfiler sa tenue de gala pour la Coupe Davis ce week-end. À la veille de la confrontation décisive pour le maintient dans le groupe II face à la Géorgie, le tennisman luxembourgeois s’est confié à MENTAL!.

Ugo, comment avez-vous préparé ce week-end décisif face à la Georgie?

Gilles (Muller) et Alex (Knaff) sont rentrés des États-Unis et nous sommes rassemblés depuis le début de semaine. On essaye de nouer les liens, c’est important d’être soudés. Les premiers jours, on a travaillé le volume et on a beaucoup frappé la balle tandis que la fin de semaine a été consacrée aux situations de points. Je crois que nous sommes prêts.

Vous avez été promus dans le groupe II à l’issue de la saison dernière, l’objectif est bien entendu de se maintenir…

Absolument! C’est important de se maintenir dans le groupe II. Les conditions de jeu des matches du groupe III sont parfois difficiles. On n’a pas l’impression d’être en Coupe Davis ! C’est la jungle ! On enchaine les rencontres contre les autres nations, les matches ont lieu en même temps, on est souvent gêné par le bruit des terrains à côté…

La Géorgie sera peut-être privée de son meilleur joueur, est-ce que ça enlèverait une pression?

Non, pas spécialement. L’absence de  leur numéro 1 Basilashvili  enlèverait un peu de charme au rendez-vous mais on est là pour gagner, qu’il soit là ou non. Cela n’a pas d’importance. C’est vrai que ça nous donnerait un peu une étiquette de favoris que l’on a pas l’habitude de porter.

Comment juges-tu vos chances?

Ça reste du sport, tout est possible. On va tout donner. Il n’y a pas de raison que ça se passe mal. Notre équipe est au complet, on est bien préparé.

Que penses-tu de la réforme de la Coupe Davis prévue par l’ITF?

Je suis partagé… Au départ, je trouvais ça ridicule, c’est dommage de supprimer les rencontres à domicile. C’est important pour le public. D’un autre côté, jouer la compétition à la manière d’une Coupe de monde de foot et tous les deux ans peut contribuer à lui redonner du prestige.

D’un point de vue personnel tu es sorti du circuit ATP, où est-ce que tu te situes cette saison?

J’ai pris la décision difficile d’arrêter les tournois sur circuit professionnel à la suite d’une blessure récurrente à l’épaule. Parfois, je n’arrivais plus à lever le bras pour servir. Une opération m’aurait valu une indisponibilité d’un an et de tout recommencer à zéro. C’était compliqué de continuer à investir du temps et de l’argent sans avoir de certitude sur mon état de santé.

Comment est-ce que tu fais pour te maintenir à niveau?

Je suis licencié dans trois clubs à la fois (Mayence, Thionville, et Esch) et je dispute entre 20 et 25 matches dans l’année grâce aux rencontres interclubs. Cela me permet de rester en forme. Je vais aussi à la salle de sport, je m’entretiens. Mentalement je me sens mieux. J’ai moins de pression qu’avant.

Aujourd’hui, tu entraînes au club de Esch. C’est une toute autre expérience…

Ce n’est pas si facile d’entraîner ! C’est parfois physiquement contraignant. J’ai beaucoup de séances individuelles et on se rend compte que coacher des débutants demande une grosse débauche d’énergie. J’aime ce que je fais. J’essaye de donner du plaisir et ce qui m’importe, c’est que les jeunes repartent avec le sourire et qu’ils aient appris quelque chose.

Propos recueillis par Yannis Bouaraba