Portrait

SOUVENIRS SOUVENIRS

La coupe du monde 2018 va enfin pouvoir démarrer, mais en attendant, découvrez l’un de nos article issus du Mental! #4 de ce mois de juin.

 

MENTAL! est allé a la rencontre des CEO, sportifs, anciens sportifs et figures emblématiques du Luxembourg à la récolte des souvenirs et anecdotes qui ont fait et font la mémoire de la Coupe du monde. Joies, peines, victoires et défaites, immersion dans les cerveaux ! Bon voyage

 

– Roby Langers

(Sponsoring manager Loterie nationale, ex-international, 73 sélections)

Je suis au stade olympique avec mon fils Andy quand survient la fameuse action entre Zidane et Materazzi. Nous ne l’avons pas vue puisque nous suivions le ballon. L’arbitre consulte son juge de touche et montre le carton rouge à Zizou… C’est inexplicable pour beaucoup de gens autour de nous. J’appelle mon épouse Martine qui regarde le match à la télé et qui connaît Zizou depuis qu’on a joué ensemble à Cannes en 1991. Je lui demande des explications. Elle me dit : « Yaz (c’est ainsi que les joueurs de l’AS Cannes l’appelaient) a déconné, les images de la télé l’ont bien démontré. »  Je n’arrivais pas à comprendre sa réaction et je me disais : qu’est-ce que cet enf***é de Materazzi a bien pu lui glisser à l’oreille ? Avec le résultat final qu’on connaît, c’est dommage pour Zizou de connaître une fin de carrière aussi triste ! J’ai mis toute la nuit à m’en remettre car je croyais à une erreur d’arbitrage jusqu’au moment où j’ai pu voir les images moi-même et me rendre compte de son geste déplacé et intolérable.

 

– Laurent Schonckert

(ex-international, 18 sélections. directeur de Cactus)

Plusieurs souvenirs m’ont marqué. Tout d’abord, en 1966 lors de la finale Angleterre-Allemagne à Wembley. J’avais huit ans et on venait tout juste d’avoir notre première télévision à la maison. J’ai été fasciné par le jeu de Bobby Charlton et je suis resté fan de football anglais depuis ce jour (malgré beaucoup de déceptions avec l’équipe nationale, qui ont été compensées par les performances mythiques de Liverpool, Manchester United et bien d’autres). Ensuite, je me souviens de 1974 et du match Allemagne-Pays-Bas. Mes parents avaient acheté une télé en couleur spécialement pour la Coupe du monde. J’adorais l’Ajax avec ses joueurs de classe mondiale et sa philosophie de « football total » qu’on essayait d’imiter dans les équipes de jeunes. Ce fut une cruelle déception. J’ai revu le match une dizaine de fois et il est resté gravé dans ma mémoire comme une très grande injustice sportive car la meilleure équipe avait perdu (les Pays-Bas).

 

– Romain Schneider

(ministre des Sports, de la Sécurité sociale et de la Coopération et de l’Action humanitaire)

J’ai un souvenir de Coupe du monde que j’ai vécu pendant mon enfance, en 1974 exactement, à l’âge de 12 ans, quand se jouait la finale à Munich entre l’Allemagne et les Pays-Bas. D’un côté Cruijff et Neeskens, et de l’autre Beckenbauer, Gerd Müller et Overath. Je l’ai regardée avec mon père chez mes grandsparents, parce qu’à la maison, on n’avait pas de télévision. C’est un souvenir qui m’est très cher.

 

– Paul Philipp

(président de la Fédération luxembourgeoise de football, exinternational et ex-sélectionneur)

En 1966, étant jeune gamin, j’ai passé les vacances d’été avec mes parents à Constance en Allemagne fédérale. C’était pendant la phase finale du Championnat du monde en Angleterre. Les chambres d’hôtel ne disposant pas encore d’une télévision, on a dû regarder la finale opposant l’Angleterre à l’Allemagne dans la grande salle du restaurant de l’hôtel, rassemblant à peu près 200 personnes, pour suivre le match. Mon père et moi étions les deux seuls supporters de l’Angleterre, les Allemands supportaient bien entendu leur « Mannschaft ». L’ambiance était électrique dans la salle, d’autant plus quand l’Allemagne a égalisé dans la dernière minute du temps réglementaire. Mon père, au vu de l’ambiance dans la salle, m’avait recommandé de ne surtout pas faire de commentaire ni de montrer ma sympathie pour les Anglais. Arrive la fameuse 102’ et le tir de Geoffrey Hurst contre la barre transversale et le ballon qui rebondit sur, avant ou derrière la ligne de but. But validé par l’arbitre suisse après consultation de son juge de ligne. Au moment où il accorde le but, je saute de ma chaise et crie « YES !!! » Mon père m’a pris par la main et on a quitté directement la salle…

 

– Florent Malouda

(joueur FC Differdange 03, ex-international français, finaliste de la Coupe du monde 2006)

Mon meilleur souvenir de Coupe du monde est en 2006, lors du quart de finale contre le Brésil. Je suis un fan inconditionnel du Brésil et je me suis retrouvé dans la situation d’un fan qui joue contre ses idoles… Côté terrain, les choses se sont très bien passées, avec Zidane à la manoeuvre qui marchait sur l’eau et une victoire de 1-0 contre les champions du monde en titre !!! C’était ma première Coupe du monde et malgré la défaite en finale contre l’Italie, cela reste un moment inoubliable…

 

– Hugues Delcourt

(CEO Banque Internationale à Luxembourg – BIL)

Comme pour beaucoup de Français, la Coupe du monde de 1998 m’a laissé des souvenirs impérissables. Durant la demi-finale et la finale, j’étais en vacances avec ma famille dans un petit village isolé de l’arrière-pays provençal. Des amis américains nous y avaient rejoints, c’était leur premier voyage en France. Le cafetier avait installé une télé grand écran à l’extérieur, sur la place du village. Tous les habitants du village et des alentours se retrouvaient pour regarder les matches ensemble. Et pour la finale, après le dernier coup de sifflet, nous étions nombreux à avoir fêté la victoire dans la fontaine de la place ! Surtout, ce que je garde de cette période, c’est cette soirée de fête et l’atmosphère qui régnait : une atmosphère unique, fraternelle, populaire. C’était comme si tout le monde se connaissait depuis toujours, que l’on soit du village ou étrangers, Français ou pas. Et cet esprit de rassemblement, on l’a aussi ressenti à l’échelle de la France. Une coupe et une période incroyables !

 

– Marc Lauer

(Chief executive officer Groupe Foyer)

Le souvenir le plus marquant de ma vie de supporter de football ne s’est pas déroulé sur un terrain, ni devant une télé, mais pendant plusieurs semaines dans la cour d’école. Il s’agissait de la collection des petites images Panini à coller dans l’album commercialisé à l’occasion de la Coupe du monde de 1974. Certes, nous attendions avec impatience de voir les matches à la télé, mais le fait que, dans la cour de récré, un Neeskens valait trois Vogts et qu’un Dino Zoff ne pouvait être échangé que contre 4 Lato (joueur polonais qui, par ailleurs, était le meilleur buteur de la compétition) a suscité mon goût pour le troc et m’a appris d’une manière ludique la loi sur l’offre et la demande. Pour la finale, toute la famille était réunie dans la Stuff  devant la télé. Mes grands-parents étaient contre les Allemands par principe et donc pour les Néerlandais. Mon père était pour les Allemands, parce que mes grands-parents étaient contre et ma mère refusait de prendre parti. Bonjour l’ambiance. Moi, je préférais Cruijff à Beckenbauer, mais Breitner (quelle chevelure) à Neeskens et j’admirais Gerd Müller. La finale fut remportée 2-1 par l’Allemagne après un penalty de Breitner et un but de Müller, tandis que les Pays-Bas avaient obtenu un penalty marqué par Neeskens. Mais contre toute attente, ce qui me chagrina le plus après cette finale, c’était qu’il me manquait encore deux images de joueurs d’Haïti, un d’Écosse et un du Zaïre. Ce qui m’a permis d’apprendre deux autres leçons pour la vie. La première, c’est que le monde n’est pas parfait. Et la deuxième, c’est qu’avec le temps, les choses qui sur le moment te poussent au désespoir deviennent de moins en moins graves.

 

– Myriam Brunel

(Legal & Regulatory Director Proximus Luxembourg)

Mon souvenir le plus marquant de la Coupe du monde est la demi-finale de 1982 à Séville entre la France et l’Allemagne de l’Ouest et l’assaut de Schumacher sur Battiston! Dans mon quartier, à Marseille, on avait pour habitude de regarder tous ensemble, entre voisins, les matches à la buvette : nos mères en terrasse à papoter et tout le reste à l’intérieur pour supporter l’équipe de France. Ce jour-là, lorsque Battiston est tombé à terre suite à la violente attaque de Schumacher, c’est le quartier tout entier qui s’est mis à hurler d’une seule voix. Affolées, nos mères sont entrées dans la buvette pour comprendre ce qui avait déclenché une telle clameur ulcérée et une telle colère. Elles qui n’étaient pas très intéressées par le foot se sont jointes à nos cris et invectives en tous genres. Tout le monde s’inquiétait pour Battiston. Même Thierry Roland n’en revenait pas de l’inaction de l’arbitre envers l’Allemagne : un simple carton jaune ! Parions que même là, la vidéo n’aurait rien changé tellement l’agression était flagrante à l’oeil nu. Au final, complètement chamboulée, la France a perdu le match aux penaltys. Cela aura eu certes le mérite de rassembler tout le quartier, mais le traumatisme poursuivra longtemps la France dans ses rencontres avec l’Allemagne.

 

– Jean-Michel Gaudron

Senior communication officer Luxinnovation)

Été 1982. J’avais 11 ans et demi. Nous sommes partis en vacances en famille tout le mois de juillet à Arcachon, dans une maison qui n’avait pas de télé ! J’ai donc été privé d’une partie de la Coupe du monde en Espagne. Mais pour la demi-finale France-Allemagne, nous sommes quand même allés voir le match chez le gardien de la résidence où nous étions et qui était le seul à avoir un téléviseur dans tout le lotissement ! Un Marocain adorable qui nous avait accueillis à bras ouverts. Les images qui me reviennent sont très furtives : le penalty de Platini, la sortie kamikaze de Schumacher, l’explosion de joie de Giresse et puis celle de Hrubesch… Je me rappelle surtout ne (presque) pas avoir dormi la nuit suivante, ressassant ce scénario délirant, au point d’exaspérer mon grand frère (avec qui je partageais ma chambre et qui n’était pas spécialement fan de foot, lui…) et que j’ai un peu empêché de dormir aussi… Je me souviens aussi d’un magazine de foot allemand que mon père m’avait acheté quelques jours plus tard, espérant me faire progresser dans la langue de Rummenigge. L’article consacré à ce match était titré en très gros: « Das Drama »… Je ne pense pas que je l’ai lu et je n’ai pas spécialement progressé en allemand. Par représailles ? Mais un jour, promis, j’irai en pèlerinage à Séville !

– Philippe Emond

(Executive administrator Bilia-Emond)

Il y a de très bons souvenirs, mais surtout un très mauvais : les huitièmes de finale de la Coupe de 2002 co-organisée par la Corée du Sud et le Japon. La Belgique affronte le Brésil (futur vainqueur), nous sommes aux alentours de la 30e minute, le score est toujours vierge quand Verheyen centre pour Wilmots, qui marque de la tête. Honteusement, l’arbitre annule le but pour une faute imaginaire de Marc Wilmots, un scandale. Difficile de digérer une telle injustice. Heureusement, les coupes du monde sont aussi des moments de joie collective immense et étant marié à une Française, nous nous sommes retrouvés dans une fête de famille en France le 12 juillet, le jour de la finale France-Brésil. Un souvenir merveilleux, avec toute la famille dans la cour de la ferme de nos hôtes, tables et chaises sorties et, à la hâte, nous avons ajouté une table afin d’installer la télévision. Tout le monde se sentait Français ce soir-là, la liesse était indescriptible, inoubliable. Enfin, un dernier souvenir que je souhaitais partager concerne la Coupe du monde de 2014 organisée par le Brésil. BMW étant partenaire de la Coupe du monde, notre concession, sur foi de nos bons résultats, avait obtenu et gagné des billets pour suivre les Diables Rouges à travers ce magnifique et grand pays. Que de souvenirs merveilleux dans les stades et leurs alentours : du premier match où nous sommes menés contre l’Algérie, où les Diables renversent le match pour lancer correctement la compétition, au match au Maracana, le temple ultime du football et où juste avant de rentrer dans le stade, nous tombons nez à nez avec un de nos fidèles clients d’Arlon. Un beau parcours, des souvenirs merveilleux pour notre équipe nationale, qui s’arrêtera en quart de finale de la Coupe du monde 2014.

– Simon Béot

(Founder Mental! Média)

La coupe du monde 1990, organisée en Italie est à mes yeux, et dans mes souvenirs la plus belle. J’ai 10 ans et c’est ma première coupe du monde. Je l’ai suivie en compagnie de mes grands parents immigrés Italiens. Le match d’ouverture m’a profondément marqué. Il opposait le Cameroun de Roger Milla (qui fêtera chaque but en dansant au poteau de corner) et l’Argentine championne du monde. Les camerounais ont fini le match à 9 et ont battu le champion en titre. Puis la demi finale, Italie-Argentine qui se jouait à Naples. Le public Napolitain acclamait son idole Maradona contre la Squadra Azzura. Puis l’élimination italienne, la détresse de tout un peuple et les larmes de mon grand père qui marqueront à jamais ma mémoire.

 

– Marie-Hélène Massard

(CEO AXA)

Mon premier souvenir marquant de la Coupe du monde 1998, c’est la qualification de la France pour les quarts de finale. Je me trouvais près des Champs-Élysées lorsqu’à l’issue du match nous avons vu déferler les supporters sur l’avenue pour célébrer la victoire contre le Paraguay. Nous étions encore loin de la finale, mais les démonstrations de joie étaient impressionnantes ! Comme beaucoup de Français, je suis devenue une supportrice de plus en plus passionnée jusqu’à la victoire contre le Brésil. Aimé Jacquet et sa sélection ont réalisé ce qui paraissait impossible ! Je me suis alors intéressée à leur parcours. J’ai découvert la force de caractère de ce coach dont la détermination, malgré les critiques et les doutes, les a menés jusqu’à l’exploit. Une expérience riche d’enseignements pour chacun !

– Marc Galli

(Directeur général Groupe Citabel Sports/Intersport Luxembourg, ex-joueur du F91 Dudelange)

Quelle désillusion en 1982 ! Âgé de 15 ans, devant le téléviseur, accompagné de mes parents, la France mène 3 à 1 en demifinale contre l’Allemagne avant de se faire éliminer après une incroyable séance de tirs au but… Bien sûr, le moment le plus marquant est l’agression de Harald Schumacher sur Patrick Battiston sans que ce satané arbitre ne bronche… Pendant des années, j’en ai voulu à tout le peuple allemand. Heureusement, nous avons rattrapé le coup en 1998… Toujours accompagné de mes parents, nous écrasions le Brésil 3 à 0 pour une fête dans les rues de Metz avec mon fils Luca, âgé de 4 ans, petit footballeur, sur les épaules. C’est bon le football, n’est-ce pas ?

– Pascal Carzaniga

(ex-entraineur FC Differdange 03)

Cette demi-finale 1998 : France – Croatie (2-1), j’étais assis au premier rang juste derrière le but de Barthez en 2e mi-temps. Mon épouse m’avait fait cette surprise. J’étais stressé comme un fou. En tant que supporter des « Bleus », j’avais connu les deux demi-finales perdues contre l’Allemagne. En 1982 en Espagne et en 1986 au Mexique. Nous étions menés 0-1 au retour des vestiaires (46e ) lorsque Thuram égalisa. Il réussissait son premier doublé international quelques minutes plus tard. C’était de la vraie folie dans ce magnifique stade de France. J’étais devenu un porte-bonheur pour les demi-finale de l’équipe de France au Mondial !

– Fränk Schleck

(ex-cycliste de haut niveau)

Mon souvenir marquant se situe lors de la Coupe du monde de 1994 organisée aux États-Unis. J’ai 14 ans et déjà la tête au vélo. Je m’intéresse au football de loin mais la Coupe du monde est toujours un événement particulier. Dans notre jeunesse, cela commençait dans la cour d’école, où nous échangions avec nos amis les célèbres vignettes Panini. J’ai un souvenir précis du jour de la finale Brésil-Italie. Nous rentrions d’une sortie à vélo de 1 h 30 avec mon père et mon grand frère Steve pour nous arrêter à la Munnerefer Stuff, le bistro de Mondorf, où nous retrouvions de nombreuses personnes qui regardaient la finale. J’ai été marqué par l’échec italien de Baresi dans les premiers tireurs, puis Baggio à la fin de la séance de tirs au but qui donna la victoire au Brésil en envoyant le ballon dans les nuages. J’étais jeune, mais ce souvenir fut marquant ; au-delà de la victoire brésilienne, je retiens la ferveur populaire au café, les gens heureux de passer du temps ensemble.