Le pays hôte, qui a montré d’inquiétants signes de faiblesse lors de ces derniers mois, donnera jeudi le coup d’envoi de son Mondial, face à une équipe d’Arabie saoudite méconnue. Présentation d’un match d’ouverture qui ne déchaîne guère les passions.
Il y a quatre ans, le Brésil ouvrait sa Coupe du monde face à la Croatie et ça, ça avait de la gueule. 1434 jours après le but de Mario Götze et le sacre de la bande à Ozil, l’évocation de Russie-Arabie saoudite pourrait ressembler à un sommet d’une réunion de l’OPEP (L’Organisation des pays exportateurs de pétrole) entre les deux plus gros producteurs d’or noir de la planète. Or, ce sera aujourd’hui l’affiche du match d’ouverture du Mondial 2018. Il faudra s’en contenter, d’autant que la “Sbornaya” aborde ce Mondial sans un de ses meilleurs éléments, Aleksandr Kokorin, qui s’est fait les croisés au mois de mars et qu’elle reste sur une dramatique série de sept matches sans victoire et de deux ans de matches amicaux soporifiques.
En l’absence de son attaquant phare, la Russie a toutes les raisons de douter et devra certainement faire preuve d’imagination si elle ne veut pas imiter l’Afrique du Sud, seule nation organisatrice à n’avoir pas passé le premier tour. Pour cela, elle devrait pouvoir compter sur les deux joueurs du CSKA Moscou Aleksandr Golovin, le cadet de la sélection de Stanislav Cherchesov et Alan Dzagoev, l’éternel talent du Caucase. Le premier, du haut de ses 22 ans, est installé chez les titulaires depuis l’Euro 2016 et il a réalisé une belle saison avec son club du CSKA. Le second, meilleur buteur de l’Euro 2012 (titre qu’il partage avec Balotelli, CR7 et d’autres) est un fer de lance de la sélection depuis dix ans. Critiquée pour l’indigence de son jeu offensif, la Russie est pourtant déterminée à montrer qu’elle n’est pas là pour figurer. Dans son immense stade Loujniki de Moscou, elle affronte la nation la plus abordable de son groupe.
L’Arabie saoudite, qui a connu trois entraîneurs en un an, arrive aussi en Russie en petite forme. Battue lors de ses trois dernières sortie, elle ne compte aucun nom ronflant dans son effectif, l’écrasante majorité des joueurs évoluant au pays. Seuls trois Saoudiens jouent en Europe: l’ailier Salem Al-Dossari (Villareal), le milieu Yahya Al-Shehri (Leganés) et l’attaquant Fahad Al-Muwallad. Seulement, à eux trois, ils cumulent à peine dix minutes de jeu en Liga cette saison… Alors même malade et en manque d’idées offensives, la Russie, à domicile, part favorite. En face, la dernière victoire de la sélection saoudienne remonte à la Coupe du monde 1994, chez son plus grand allié diplomatique, les Etats-Unis. La Russie, pour des raisons d’image, n’a pas intérêt à se rater. En cas de mauvais résultat, il faudra aller chercher des points face à l’Égypte et l’Uruguay. Et comme si les Russes n’avaient pas assez de pression, aucun pays hôte n’a jamais perdu le match d’ouverture d’une Coupe du monde…