Dans la fournaise d’un Benito Villamarin rempli de 40 000 Béticos, Dudelange a cédé en deuxième mi-temps face au Betis (3-0), jeudi soir, dans son deuxième match de la phase de groupes de l’Europa League.
Une première mi-temps à résister comme des lions, une deuxième période à souffrir avant de céder. Le F91 a longtemps tenu, jeudi soir, mais s’est logiquement incliné devant la supériorité technique des Andalous du Betis Séville, qui ont rappelé leur statut de club de haut de classement de Liga espagnole (3-0). Pourtant dès la deuxième minute, une sortie de balle à l’Espagnole entamée du coin gauche de la défense luxembourgeoise fait frémir les Béticos jusqu’à trouver Stolz dont la frappe rasante du droit est déviée en corner par Robles. L’une des seules possibilités des Jaunes dans une première mi-temps où sans surprise, ils ont visité chaque mètre carré du terrain espagnol en raison d’une possession de balle outrageuse des Verdiblancos.
Sans faire mal cependant, les tentatives des Mondialistes Inui et Guardado passant au dessus du but de Frising. C’est un autre joueur qui était la Coupe du Monde, le Portugais Carvalho qui cadre la première frappe andalouse mais il se heurte cette fois aux gros poings de Frising, bien placé. Les Andalous confisquent le ballon et essayent de passer par les côtés mais se cognent contre le bus jaunes garé juste devant le but de Frising. Ni la reprise en déséquilibre du Mexicain Guadardo (30e), ni son coup franc brossé (39e) n’inquiètent vraiment le gardien luxembourgeois, concentré.
À la pause, la bronca des exigeants Béticos accompagne le coup de sifflet de l’arbitre écossais Andrew Dallas. Alors retour des vestiaires, les Verdiblancos mettent un coup de joystick et le centre de Sanabria trouve Sergio Léon qui rate sa reprise dans les six mètres. Le match s’embrase alors et sur l’action suivante, Sinani obtient un corner que Kruska dépose sur la tête de Turpel . Robles se détend sur sa ligne et dégoûte tous ceux qui ont cru voir le ballon rentrer. Probablement l’arrêt du match, la plus grosse occasion luxembourgeoise (47e).
Un jeu de possession et des contre-attaques assassines
Dudelange veut exploiter les quelques secondes de possession que les Andalous veulent bien leur lâcher et Stolz bute sur Robles dans un angle fermé (54e). Les Andalous continuent de squatter les derniers mètres du camp luxembourgeois et l’air est de moins en moins respirable. Sur un corner joué à deux, un centre de la droite arrive au deuxième poteau sur la tête de Carvalho et le Portugais remet un ballon chaud devant la ligne de Frising. Schnell rate son dégagement et la tête de Sanabria touche la barre, rebondit et fait vibrer la montre de M. Dallas. La goal-line technology valide un but de chiffonnier (1-0, 56e) .
Un sacré coup dur pour les hommes de Toppmöller, d’autant que le Betis continue d’imprimer un rythme d’enfer. Et quand Dudelange tente de montrer ses cojones devant, ils sont punis par les transitions supersoniques des Andalous. Le diable de Quique Setién avait lancé le petit Lo Celso en cours de jeu, et l’Argentin allait éclabousser le match de son talent. Une accélération plein axe, un décalage parfait pour Sanabria qui feinte Schnell du gauche et rejoue avec Lo Celso. Dans les six mètres, L’Argentin a la magie de contrôler derrière le pied d’appui pour effacer Kruska et la finesse de glisser le ballon dans le petit filet de Frising d’un pointu subtil (2-0, 80e).
Il fait trop chaud dans le four sevillan et Dudelange veut sauver l’honneur mais finit pas se brûler une dernière fois sous la pression de Beticos jamais rassasiés, sur une dernière contre-attaque que Tello conclut entre les jambes de Frising (3-0, 88e). Deux buts tardifs sur contre-attaque face à une équipe de possession, c’est un peu sévère, mais pas illogique. C’est l’apprentissage, tout simplement.
F91 Dudelange (4-4-2): Frising / Jordanov, Prempeh, Schnell (c), El Hriti / Stolz (Kenia 76e) , Kruska, Couturier, Mélisse Stumpf (66e) / Sinani (Pokar, Turpel Real Betis Balompié (3-4-1-2) : Robles/ Javi Garcia, Bartra, Sidnei / Carvalho, Guardrado (Los Celso 60e), Barragain/ Inui (72e Joaquin), Sanabria, Sergio Léon.
Les réactions d’après-match:
Clément Couturier: « On aurait pu mieux faire, c’est une équipe qui nous a eus à l’usure. Le score est un peu lourd mais c’est une équipe qui nous est supérieure. On a joué avec nos armes et on aurait aimé plus attaquer mais honnêtement, c’était compliqué. C’est l’apprentissage du haut niveau. Il faut être logique, leur victoire n’est pas du tout volée. »
Danel Sinani: « On a souffert en deuxième mi-temps, on prend deux buts sur contre quand on a essayé d’attaquer. C’était dur de tenir 90 minutes mais je pense que 3-0 est un score un peu sévère».
Jerry Prempeh: « C’est vraiment une bonne équipe, qui garde très bien le ballon et qui nous as empêché de le porter comme on le voulait. C’était dur de ressortir quand on récupérait le ballon, ils étaient tout de suite sur nous. »
De notre envoyé spécial à Séville, Yannis Bouaraba