Le CBCL rêve d’une usine à champions

Sous l’impulsion du jeune coach Damir Krndic, le Central Boxing Club Luxembourg qui organise samedi un gala international est un club familial et ambitieux qui rassemble des boxeurs d’horizons différents. 

Les salles de boxe sont ces lieux qui effacent les classes sociales et enseignent un peu plus que du sport. On vient y prendre des leçons de boxe mais aussi des leçons d’humilité et de vie. Le Central Boxing Club de Luxembourg ne fait pas exception. Au niveau -1 du hall omnisports de la rue de Strasbourg, ça sent le cuir des gants et la transpiration. La douce odeur du labeur. Samedi, le club organise un gala international amateur et huit boxeurs du club vont vouloir récompenser leurs semaines de souffrance sur le ring. Des boxeurs âgés de seize à trente ans qui semblent timides aux premiers regards mais qui se transforment après avoir mis les gants. « On est une famille ici, tout le monde se tire vers le haut. Sur le ring, il n’y a pas de place pour la gentillesse, mais il y a toujours du respect. On travaille comme une équipe et on avance ensemble » lance le lycéen Micael Rodrigues, 19 ans, avant de commencer l’échauffement.

Le respect, la discipline et le dépassement de soi sont des valeurs que Zubair et Zaki ont retrouvé dans le club de la capitale. Les deux jeunes de 19 ans avaient commencé la boxe dans leur pays natal, l’Afghanistan, qu’ils ont du fuir.  Ils disputeront respectivement leur huitième et quatrième combats samedi. En attendant, ils enchaînent quelques rounds de shadow boxing pour finir leur échauffement, sous les ordre de Damir Krndic, un coach jeune et ambitieux. « Mon objectif? C’est de participer un jour aux Jeux olympiques » affirme-t-il sans langue de bois. Avant d’ajouter « Au Luxembourg, on a tendance à se dire qu’on ne peut pas faire de résultat car on est le Luxembourg. C’est un problème de mentalité et je veux me battre contre ça! » explique l’ancien boxeur de 26 ans. Problème, pour l’instant le Luxembourg ne dispose pas d’une équipe nationale. Difficile de progresser dans ces conditions, à tel point que le boxeur amateur luxembourgeois le plus expérimenté  Michel Erpelding a dû s’exiler en Irlande pour poursuivre sa progression. Lui venait aussi du CBCL.

Alors les jeunes travaillent et s’aguerrissent dans l’ombre et tentent de gagner de l’expérience en allant combattre à l’étranger par exemple, comme c’est le cas de Pedro, qui affiche un beau palmarès de huit victoires, un nul et une défaite en dix combats. Le jeune de 16 ans a ramené une médaille d’or d’un tournoi au Portugal. Le coach Damir n’hésite pas à emmener ses poulains en France et en Allemagne pour se frotter à une concurrence redoutable. La concurrence n’effraie pas Saska, une jeune fille venant du karaté et qui a remporté la semaine dernière son premier combat amateur en boxe anglaise, moins d’un an après avoir poussé pour la première fois la porte de la salle de la rue de Strasbourg. « Parfois c’est dûr pour elle, mais elle progresse car je ne fais pas de différence » insiste Damir fier d’avoir vu le travail de sa protégée récompensée. Elle qui a trouvé une nouvelle sparing partner depuis trois mois et l’arrivée d’Alexia, une autre jeune fille qui a boxé en France.

Car au CBCL, on rencontre des profils très divers et la jeune équipe de boxeurs compétiteurs est encadrée par deux trentenaires qui font déjà office d’anciens: Leandro et Fares. Le premier est coach sportif indépendant et compte une quinzaine de combats, dont un mémorable contre le vice-champion olympique junior de 2014 Dimitriy Nesterov (Russie). L’autre est consultant dans un entreprise du big four et a migré vers la boxe anglaise après une décennie partagée entre la savate et le muay thai. « j’ai prévenu mes collègues que je serai peut être un peu amoché en arrivant au bureau lundi. La boxe, c’est l’école de la vie et ce club a une vraie âme, une énergie particulière » sourit Fares qui voudra conserver son invincibilité samedi. Lui, qui s’était lancé le défi de se préparer à monter sur un ring à trente ans, n’a toujours pas perdu en trois combats. « Les boxeurs sont motivés, ils s’investissent beaucoup et ils veulent vraiment progresser et ça, c’est un plaisir pour un entraîneur. Je veux les amener le plus loin possible, mais ça passe par la discipline et l’entraînement » raconte Damir, qui en plus des trois entraînements hebdomadaires étalés du lundi au vendredi, conduit des séances supplémentaires le week-end pour les plus affamés. Samedi, ses boxeurs devront lui donner raison.

Yannis Bouaraba

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Gala international du Central Boxing Club Luxembourg

Samedi 3 novembre

Centre sportif Luxembourg Gare

29, rue de Strasbourg

Premiers combats à 18 heures