F91, le jour d’après

Il y a tout juste un an, le F91 débutait sans le savoir la plus belle saison de son existence. Aujourd’hui vidé de la plupart de ses meilleurs joueurs, d’une partie de son staff et bientôt privé de son sponsor principal, le meilleur club des vingt dernières années est à un tournant de son histoire, mais la vie continue.

Nouveaux joueurs, nouveau staff, nouvelles habitudes. Au stade Aloyse Meyer, il faut s’habituer à croiser de nouvelles têtes. Beaucoup de nouvelles têtes.  Mêmes les plus fidèles suiveurs  du F91 ont du mal à reconnaître les joueurs dans leurs maillots d’entraînement bleu ciel pas encore numérotés. Sur le terrain et malgré une chaleur caniculaire, l’intensité ne baisse pas au moment d’une petite opposition de fin de séance. Sérieux et implication sont au rendez-vous. Au milieu, le rigoureux technicien belge Emilio Ferrera dirige la séance et distille ses consignes et ses commentaires en français ou en anglais. Dans quelques jours, ce nouveau F91 fera son retour en Coupe d’Europe face au FC La Valette, le F91 de Malte. « Ce ne sera sûrement pas comme l’année dernière ! » lâche en souriant un membre du comité au bord du terrain.

Car à l’aube de cette nouvelle saison, avec 24 arrivées (retours de prêt compris) et 20 départs au moment où l’on écrit ces lignes, c’est plus de 90% de l’effectif qui a été renouvelé et il est encore difficile de jauger le potentiel de ce nouveau F91 même si des valeurs sûres du pays ont rejoint la Forge du Sud, au même titre que des renforts débarqués de Belgique. Mais si l’on ajoute à l’exode des joueurs majeurs le futur retrait du sponsor principal, il faut tout rebâtir, sur le terrain et en dehors. Un chantier que certains dirigeants ont lancé il y a déjà quelques semaines en coulisses. Derrière les spéculations des médias sur le grand ménage en cours et la tête qu’aura le club dans quelques mois, un petit groupe de travail s’est formé afin de préparer au mieux ce qu’on peut appeler l’après-Becca. « Dès qu’on a appris le départ de notre sponsor principal, on s’est rapidement réuni pour commencer à travailler. Nous allons restructurer certaines commissions et chercher des moyens efficaces de pérenniser le club » confiait un membre du comité, qui lui n’a quasiment pas bougé à une ou deux exceptions près. Jouer la phase de groupes de l’Europa League avait placé le club sur la carte de l’Europe et on peut penser que le F91 jouira d’un certain crédit  à l’étranger pendant encore quelques années. Une image qu’il faudra exploiter intelligemment.

Sur le terrain, Emilio Ferrera a pris les commandes d’un cadre toujours taillé pour jouer les trois premières places nationales. Épaulé par Henri Bossi, le technicien de 52 ans passé par la Belgique, la Grèce et l’Arabie Saoudite ne semble pas déconcerté par son nouvel environnement. « C’est la phase de découverte. C’est un autre pays, une autre approche. Il faut s’imprégner de la culture locale avant d’imposer sa griffe petit à petit ». Mais quelle est la griffe Ferrera? Du jeu, selon le principal intéressé. « J’ai beaucoup de respect pour le football et pour ce qu’il peut apporter aux gens. Dans ce sens, je veux prôner un football qui soit agréable pour tous. Tant pour les joueurs que pour les gens qui viennent regarder ». Pour combien de temps le club peut-il espérer profiter du professionnalisme du Bruxellois ? « Je suis ici pour apporter ma pierre à cet édifice de la « famille »Becca et je suis concentré sur le F91 cette saison ». Une saison qui commence demain au stade Josy-Barthel, où le club a laissé de si beaux souvenirs…

Photo : © Albert Krier