Le F91 a reçu une claque (1-4) jeudi soir face à Qarabag lors de la deuxième journée de l’Europa League. Une soirée cauchemardesque marquée par l’interruption temporaire du match après qu’un drone a survolé le terrain.
Un an après Milan, le stade Josy-Barthel brillait moins pour accueillir son premier match de la phase de groupes de l’Europa League, jeudi. Il faut dire que Qarabag est moins vendeur que le mythique club italien. Pourtant, cette soirée risque de rester tristement célèbre dans le pays et pour les 3005 spectateurs qui ont assisté de près à la lourde défaite du F91 (1-4), dans un match qui aura été arrêté pendant 30 minutes après l’apparition d’un drone, portant le drapeau de la région du Haut-Qarabagh au-dessus du terrain. Sur la pelouse, le F91 payé une première mi-temps complètement ratée face à une équipe solide et réaliste. Réduis à dix à l’heure de jeu, les coéquipiers de Sinani ont rapidement vu leurs espoirs s’envoler.
Car les Azéris de Qarabag avaient rapidement douché Dudelange après onze minutes de jeu. Sur un coup franc rapidement joué, le Français Zoubir prenait le dessus sur Bouchouari dans la surface avant de tromper Joubert dans un angle fermé (0-1, 11e). À l’aise dans la circulation du ballon, les joueurs de Qarabag profitaient d’une perte de balle de Pokar dans l’axe pour doubler la mise. À l’entrée de la surface, Quintana déposait un caviar sur la tête de Michel, seul au deuxième poteau (0-2, 30e). C’est à ce moment qu’un drone qui faisait flotter le drapeau de la région disputée du Haut-Qarabagh s’est rapproché du terrain, provoquant l’arrêt temporaire du match et la furie des supporters azéris. À la reprise, Garos déséquilibrait l’infernal Michel dans la surface, offrant un pénalty qu’Almeida transformait sans problème (0-3, 37e).
Une première mi-temps catastrophique qui augurait une fin pénible. Si le F91 tentait de relever la tête, il abdiquait totalement après un deuxième carton jaune de Garos sur un tacle dangereux à l’heure de jeu. Sur un fauteuil, les Azéris enfonçaient le clou par Quintana qui fusillait Joubert dans la surface (0-4, 69e). Joubert, en bon soldat, empêchait le score de s’alourdir. Finalement, Bernier, oublié dans la surface, sauvait l’honneur dans les derniers instants (1-4, 90e). Avec trois points, F91 est troisième du groupe A derrière Qarabag et Séville, qu’il affrontera deux fois de suite, le 24 octobre et le 7 novembre.
F91 Dudelange (4-4-2) : Joubert (c.) – Bouchouari, Schnell, Garos, Lesquoy – Bernier, Bougrine, Pokar (72e, Cools), Klapp (55e, Lavie) – Sinani, Mendy (67e, Morren)
FK Qarabag (4-3-4) : Begovic – Medvedev, Huseynov, Sadygov, Ailton – Garayev (60e, Slatchev), Almeida, Michel (72e Gueye) – Zoubir, Dani Quintana (81, Abdullayev), Emreli
Les réactions :
Bertrand Crasson (entraîneur de Dudelange): « Disons que en gros l’adversaire était supérieur, on a perdu un joueur important avec Dominik Stolz avant le match. Le but tombe rapidement, et on on était pas en mesure de les inquiéter. Mais le premier but est sujet à polémique c’est la première fois que je vois ça »
Thibaut Lesquoy (défenseur de Dudelange): « On prend un but assez rapidement sur des erreurs individuelles, ils prennent l’avantage et on doit courir après le ballon et ils nous ont fatigué… Ils ont fait le break rapidement, on fini à 10 et ils gèrent le match, avec une grande maturité il faut le dire. C’est sûr que l’interruption n’aide pas, mais on rate nos opportunités et à ce niveau là il y a pas de surprise, ils ont su gérer la rencontre, c’est une solide équipe on s’y attendait ».
Abdolbari Gozal (président de Qarabag): « Le football c’est rassembler les gens, avoir des valeurs, c’est ce que défend l’UEFA. En Azerbaïdjan on a des réfugiés, beaucoup de blessés après cette guerre, ramener le drapeau sur un drone c’était de la provocation. Je suis reconnaissant des gens ici qui ont applaudi nos joueurs et notre équipe, c’est ca le respect. Mais ce qui c’est passé avec ce drapeau c’est irrespectueux. Ça ne sert les intérêts de personne. Les drones sont un danger, l’UEFA va devoir sérieusement penser à ce problème, ça aurait pu être une bombe ou un acte terroriste, ces machines peuvent tuer des gens, l’UEFA doit prendre ça extrêmement au sérieux ».