Danel Sinani : « l’été prochain est le meilleur moment pour partir »

Dans quelques semaines ou quelques mois, Danel Sinani quittera Dudelange et le Luxembourg pour un projet à la hauteur de son talent. En attendant, l’indispensable milieu offensif continue de briller pour son club, en Europa League comme en championnat. Avant un match décisif contre l’Apoel Nicosie jeudi, le gaucher s’est longuement confié sur sa saison et son avenir.

Il y a quelques mois, tu étais déçu de ne pas partir dans un club pro. Aujourd’hui,  l’histoire montre que c’était peut-être la meilleure décision…

Quand tu as des offres concrètes, quand tu visites les infrastructures, quand tu rencontres les directeurs sportifs, etc., dans ta tête, tu te vois déjà signer dans ce club pour un nouveau challenge. Maintenant, quand tu vois le parcours qu’on a fait avec Dudelange, je ne peux qu’être content d’avoir participé à cette nouvelle aventure européenne. Je ne regrette rien, au contraire. Au début, c’était difficile, mais c’est compréhensible. Puis, petit à petit, quand je me suis mis en tête que je restais, j’ai tout fait pour être performant.

Comment as-tu vécu cette période de transfert avorté ?

Il y avait des négociations pour trouver une solution mais il n’y avait pas d’accord commun. J’avais un peu plus de vacances que les autres car je revenais de l’équipe nationale. J’ai laissé mon père gérer ce dossier. Je voulais être libre dans ma tête et profiter de mes vacances. À mon retour à l’entraînement à Dudelange, j’ai compris que ça allait être difficile de partir. Il ne restait que quelques semaines avant la fin du mercato. Évidemment, c’était difficile au début de rentrer dans ce projet. Il y avait beaucoup de nouveaux joueurs, un nouveau staff, qui avaient débuté deux semaines avant moi. Je connaissais quelques joueurs, mais tout était nouveau. J’ai eu du mal à être à 100% au début. J’en ai parlé au coach Emilio Ferrera et petit à petit, il m’a donné confiance et j’ai retrouvé mon niveau.

On a l’impression que les joueurs n’ont pas toujours leur mot à dire pendant les négociations de transfert. C’était également le cas pour toi ?

Si les deux clubs se mettent d’accord, ça ne veut pas dire que le joueur va accepter ces conditions et le projet. Alors oui, on a notre mot à dire. Si le joueur est intéressé, il donne son accord au club. C’est du côté de Dudelange que ça a un peu bloqué. Le F91 voulait atteindre les poules de l’Europa League une nouvelle fois et il voulait me garder le plus longtemps possible. À un moment, c’est moi qui ai décidé de rester car je ne voulais plus attendre. Je devais prendre une décision.

Comment expliques-tu tes grosses performances individuelles en Europa League ?

Je joue déjà à un poste plus offensif dans lequel le coach me donne une grande liberté. Il veut que je ne redescende pas trop bas pour chercher les ballons et que je reste dans les zones de finition. Et puis les joueurs qui sont autour de moi font un gros travail. Quand on regarde qui a marqué, on voit « Sinani », mais il faut voir le boulot que les autres font pour que je marque ! En ce moment, ça fonctionne bien et je suis content de pouvoir aider l’équipe.

Tu te sens plus fort que l’année dernière à la même époque ?

C’est difficile à dire. Je pense que l’année passée, j’ai montré de belles choses. Cette année, je suis plus devant les buts alors j’ai plus d’occasions de finir les actions. Je dirais que je suis au même niveau que l’année passée… Ce qui a changé, c’est le poste.

Comment penses-tu que la Coupe d’Europe t’a fait évoluer?

C’est une autre intensité, un autre monde. Quand tu joues contre des grosses équipes qui ont l’habitude de jouer des matches de haut niveau toutes les semaines, tu dois prendre conscience que tu ne vas pas avoir le temps de réfléchir. Ça va à mille à l’heure, tu dois prendre des décisions rapidement et des décisions justes. La Coupe d’Europe, c’est un truc que tous les joueurs comme nous veulent jouer. On veut se mesurer à des grandes équipes alors il faut essayer d’augmenter son niveau. Ça commence par la concentration. 

La suite de ce long entretien est à retrouver dans l’édition 11 de DRIBBLE!, disponible jeudi en kiosques et au stade Josy-Barthel.