Au lendemain de son record du monde, l’ultracycliste de 44 ans est revenu sur son superbe exploit.
Comment vous sentez-vous après ce week-end incroyable?
Je suis fatigué mais heureux. Hier, j’ai vraiment dû tout donner pour terminer les derniers kilomètres et aller chercher le record toutes catégories confondues de Christoph Strasser (913 kms). Ça s’est joué à pas grand chose…
Que représente ce record pour vous?
C’est toujours très beau de savoir qu’on a réussi quelque chose que personne n’avait réussi avant. C’est un moment exceptionnel et j’ai encore dû mal à réaliser. Il me faudra quelques jours pour cela…
Vous avez également battu plusieurs records intermédiaires…
Ce n’était pas le but principal mais on était bien parti, alors on a continué. Les heures passaient et les records tombaient et ça, c’était très motivant. Ça m’a aussi aidé a rester concentré.
À quel moment avez-vous compris que vous battrez le record?
Je me suis bien senti dès les premières heures, j’étais assez confiant pour battre le record initial de 894 km. Par contre, je savais qu’il serait difficile d’aller chercher le record toutes catégories confondues. La vitesse moyenne baissait à mesure que le temps passait. On faisait des calculs et j’ai dû accélérer à une heure de la fin. Même à 10 minutes de la fin, rien n’était encore joué…
Quels ont été les moments difficiles de la tentative?
Il n’y a eu aucun problème technique… De ce côté, tout était parfait. La partie la plus délicate était l’alimentation. Ce genre d’épreuve est plus intense, on brûle plus de calories, il faut donc bien se recharger en calories. Lors des premières heures, ça allait, mais après huit heures de course, je n’arrivais plus rien avaler. La nuit a été dure également. La température a chuté jusqu’à 6 degrés et le vent s’est levé.
En quoi la présence de personnes vous a-t-elle aidé?
Il y avait beaucoup de monde sur la plateforme, qui pour des raisons de sécurités, ne pouvait pas accueillir plus de 20 personnes. Des gens ont attendu jusqu’à une heure pour me voir passer deux fois… Je savais qu’à chaque tour, de nouvelles personnes allait venir m’encourager. J’essayais de voir qui était là. J’ai aperçu des gens que je connaissais, c’était sympa.
Comment récupère-t-on d’un tel effort?
Hier j’étais vraiment épuisé, bien plus qu’après les autres courses. C’est beaucoup plus intense, j’ai brûlé 24 000 calories. Je me suis mis au lit je n’ai plus bougé. Dans quelques jours, j’irai mieux. Je pense qu’il faut quelques semaines pour récupérer d’un tel effort. Mais Dans une à deux semaines, je reprendrai tranquillement pour faire tourner les jambes.
Quelles ont été les réactions de votre entourage?
Je suis en « home office ». J’ai reçu énormément de messages de partout… Je ne m’attendais pas à un tel engouement. Je voulais faire ce record au Luxembourg pour voir de la visibilité mais je ne pensais pas que ça rencontrerait un tel succès… J’ai eu l’impression d’avoir tout le Luxembourg derrière moi, c’était impressionnant. Je commence également à voir des choses dans la presse internationale. J’ai même été contacté par un journaliste japonais!
Photo : Albert Krier