Prenez un vélo, trouvez une descente en forêt ou en montagne, ajoutez un zeste de folie et vous avez tout ce qu’il vous faut pour faire du Downhill, ou du “DH”, comme on l’appelle dans le jargon. Comprenez VTT de descente, une discipline extrême de faible notoriété mais qui a ses adeptes, même chez nous, au Luxembourg. Il s’agit de descendre le plus rapidement possible à vélo un tracé pentu et sinueux.
C’est le truc d’Angelo, 21 ans, une tête bien pleine et quelques blessures à son actif. Le jeune Rodangeois italo-brésilien s’est découvert une passion et du talent pour le Downhill de manière tout à fait inattendue. “On sortait faire du VTT avec mes amis et ils ont remarqué que j’étais toujours le premier à arriver en-bas” confie le jeune homme. Le garçon n’a que 16 ans quand il prend goût à l’adrénaline des descentes. “Un jour en rentrant d’une sortie, je me suis mis à chercher sur internet s’il y avait un sport dédié”. Son moteur de recherche n’a pas tardé pas à lui répondre. Ce sport existait bien.

La deuxième étape consistait à convaincre son paternel de lui acheter un vélo. Et une monture de downhill, ça coute un bras. En termes financiers d’une part (plusieurs milliers d’euros), mais pas que… “Je me suis cassé le poignet deux mois plus tard!” sourit-t-il. Cet aléa ne l’empêche pas de prendre part à sa première course en Belgique, à Chaudefontaine dans des conditions dantesques. Ce baptême se solde par des chutes à répétitions et Angelo finit dans les profondeurs du classement.
À tel point que son père prédit déjà une fin d’aventure prématurée. “Je suis beaucoup tombé, j’ai appris sur le tas” se rappelle-t-il. C’était sans compter sur la détermination du jeune homme. Son abnégation lui permet de décrocher son premier top 30 en Italie, quelques mois plus tard. C’est en 2014, lors de sa deuxième saison, qu’il dispute pour la première fois une manche de coupe d’Europe. L’année suivante, il récolte les fruits de son acharnement en signant sa première victoire en Belgique, avant de prendre une très belle sixième place en République Tchèque en coupe d’Europe.

Faut-il être une tête brûlée pour pratiquer du downhill et affronter à toute vitesse les bosses, racines, trous et autres irrégularités du sol? La réponse du pilote est très claire. “Les casse-cou ne font pas long feu. Certes il ne faut pas avoir froid aux yeux, mais il faut calculer en permanence et surtout, connaître ses limites”. En plus d’être un rider aguerri, le jeune homme affiche un enthousiasme et une vivacité d’esprit déroutantes. Né au Brésil et passé par l’Italie, l’Allemagne et la Belgique, Angelo est en première année de médecine, à Paris où caresse le rêve de devenir un jour neurochirurgien et pourquoi pas, de contribuer à la recherche. Les études l’ont un peu éloigné de l’entraînement ces derniers mois alors que les saisons débutent en avril. “J’ai continué à m’entraîner malgré tout” explique celui qui fera son retour en compétition au mois de mai avec en perspective l’Allemagne, l’Autriche et pourquoi pas une course de coupe d’Europe. “Ce sport, c’est ma façon d’être, c’est moi! Je ne me vois pas arrêter de faire de vélo”.