Ils sont deux aviateurs chevronnés et amis de longue date, Jean Ries et Patrice Deyglun, a s’être lancés dans une aventure peu commune: rejoindre Abu Dhabi depuis Luxembourg le tout embarqués dans un petit avion monomoteur. Entre Dubrovnik, Le Caire et Koweït City, leur voyage de onze jours dont deux passés dans les airs, n’a pas manqué de piment.
A la base le voyage de nos deux aventuriers se voulait plus ambitieux, rallier le Japon depuis Luxembourg, le tout aux commandes d’un monomoteur Cirrus SR22. Mais les contraintes géopolitiques comme le conflit entre l’Inde et le Pakistan ainsi que le coût financier trop élevé d’un passage par le Chine ont forcés Jean Ries et Patrice Deyglun a revoir leur plan… de vol. Objectif donc, les Émirats Arabes Unis et plus précisément Abu Dhabi et Dubaï.
Les Alpes autrichiennes dans toute leur splendeur.
Première étape, Luxembourg – Dubrovnik bouclée en 4h40, avant de quitter la Croatie pour l’île de Samos en Grèce (3h50), et c’est sur cette petite île méditerranéenne que les premiers tracas viennent ralentir la course de nos deux luxembourgeois volants, comme l’explique Jean Ries, excellente plume et auteur du carnet de bord:
« Samos est à quelques encablures des côtes turques. Elle est partant l’étape de prédilection des réfugiés d’Asie Mineure, du Moyen-Orient et d’Afrique. Bienvenu en Grèce: Kalimera! Les ennuis peuvent commencer: une fois garé, le contrôle aérien nous fait déplacer l’avion à force de bras, et après avoir pavoisé, le handling nous annonce que le pompiste est rentré chez lui! »
Entre ça et un contrôle douanier, ainsi qu’un kérosène hors de prix (5,75€ le litre d’Avgas), Jean et Patrice ne garderont pas un souvenir impérissable de leur escale à Samos. Après d’autres tracas au moment de quitter l’île, c’est vers l’Egypte et Hurghada que reprend l’épopée. Le Cirrus se trace un chemin au-dessus de Rhodes, Chypre puis la Crète, puis le continent africain et Le Caire sont en visuel. Cap ensuite vers le golfe de Suez et le Sinaï, un survol qui n’est pas sans risque:
« Le Sinaï se dessine à l’horizon. Voilà un territoire à ne plus survoler à basse altitude car les djihadistes se sont occupés de missiles sol-air capables de nous atteindre… »
Après un avitaillement opéré par les militaires à Hurghada, direction le Koweït. Le survol s’effectue au-dessus d’une mer de sable qui s’étend à perte de vue, et comme souvent depuis le début de leur aventure, Patrice Deyglun et Jean Ries ont à affronter un vent de face qui leur est défavorable. Après avoir contemplé les rares zones agricoles situées en plein désert d’Arabie Saoudite, nos deux compères arrivent à Koweït City et s’y accorde une journée de repos bien méritée:
Vue sur Koweït City.
« Après une excellente nuit de sommeil, nous visitons la ville. Ahmed notre guide-chauffeur nous fait découvrir les attractions de Koweït-la-sèche. Il n’y a pas d’alcool dans l’Émirat, même pas dans les hôtels internationaux »
La Grande Mosquée Sheikh Zayed d’Abu Dhabi
Les deux pilotes entament ensuite la dernière partie du voyage aller vers Abu Dhabi et Dubaï. Survole de Bahreïn, du Qatar, et enfin des Émirats puis la découverte d’Abu Dhabi:
« Nous commençons par la visite de la Grande Mosquée Sheikh Zayed, de marbre blanc vêtue elle scintille de mille et un feu, avec son or de 24 carats dont sont recouverts les dômes et minarets. Un bijou d’architecture qui offre un lieu de prière à 35 000 fidèles. Ensuite nous visitons le Louvre Abu Dhabi, ici encore une oeuvre architecturale s’offre à nous, un temple de la haute culture. Le muséologue qui y a disposé les objets est tout simplement un génie »
Dernière étape et dernière visite touristique à Dubaï, première ville des Émirats Arabes Unis même si elle n’en est pas la capitale, la cité du désert aux trois millions d’habitants est une véritable oasis de modernité, et de démesure avec la tour Burj Al-Khalifa la plus haute du monde, en plein milieu d’une contrée aride:
« Dubaï c’est l’incroyable, le surdimensionné, le mélange entre la mégalomanie et le féerique, une forêt de tours l’une architecturalement plus belle que l’autre, plus haute aussi, reliées entre elles par des malls gigantesques ou les échoppes se comptent par milliers. Irréelle la marina qui semble minuscule au milieu de ces géants »
Dernier avitaillement à Abu Dhabi!
Après un passage à l’ambassade de Luxembourg aux Émirats, c’est déjà le moment du retour au pays pour Patrice Deyglun et Jean Ries, avec un nouveau passage par le Koweït, et une petite frayeur au moment d’approcher de l’espace iranien… Le golfe d’Aqaba (seule ville de Jordanie avec un accès à la mer) voit ensuite passer nos deux Luxembourgeois en goguette, qui quittent l’Afrique pour retrouver l’Europe et la Grèce via Sintia puis Dubrovnik. Et enfin Luxembourg avec une arrivée le 3 juin, après un voyage de onze jours riches en souvenirs et en émotions. Après un peu de repos bien mérité, nos aventuriers plancheraient-ils déjà sur leur prochain voyage?