Pour sa quatrième saison à l’UNA, le portier de 30 ans, grand ambianceur du vestiaire, évoque la saison et la dimension nouvelle prise par le club. Entretien avec un gardien buteur qui reste toujours gage de fiabilité derrière.
Comment considères-tu la saison de l’équipe jusque-là ?
Koray OZCAN : La saison avait plutôt bien commencé. Je ne vais pas dire que c’était les montagnes russes, mais on avait du mal, notamment contre les gros du championnat. Je trouve qu’au fil du temps, l’équipe s’est améliorée. Le changement de coach a aussi eu un impact sur l’équipe. On est sur une série extrêmement positive où on continue de gratter des points.
L’arrivée du coach Bensi était le déclic dont l’équipe avait besoin ?
Je n’emploierais pas le mot « déclic », mais je dirais que ça a été complémentaire avec ce que Vítor Pereira avait mis en place précédemment. Vítor avait réussi à façonner l’équipe défensivement, et Stefano Bensi a complété cela en appuyant sur l’aspect offensif, ce qui a libéré beaucoup de joueurs, notamment grâce à son système. C’est pour cela qu’on a énormément marqué depuis son arrivée et je pense que le club a fait un bon choix en faisant venir Stefano et son staff, qui ont parfaitement repris le flambeau. Je tiens aussi à souligner le travail de Vítor et son staff, car bon nombre de joueurs ont appris à défendre et ont progressé tactiquement, ce qui nous sert toujours aujourd’hui.
Tu parlais de l’excellente dynamique de l’équipe : quel est l’objectif pour la fin de saison ? Le vestiaire commence-t-il à parler d’Europe ?
En réalité, on n’en parle pas tous les jours, mais on voit sur le comportement que l’on peut avoir quand on ne gagne pas un match, c’est vraiment une grosse déception. Ça montre que l’équipe est ambitieuse et qu’on veut finir le plus haut possible ! Et on ne va pas se mentir, on a l’Europe en vue, sans forcément en parler tout le temps. Il faut d’abord faire le boulot correctement en prenant les points qu’on doit prendre, et on fera les comptes à la fin.
On tente de prendre le contre-pied (même si tu es gardien) : ne pas se qualifier pour l’Europe serait-il un échec ?
Je ne vais pas dire échec car lors de ma première saison ici, nous étions 3e à la trêve et on avait finalement terminé 6e. Aujourd’hui, nous avons commencé en étant 6-7e, et nous sommes dans le Top 4. Tout va très vite dans ce championnat. Donc si on ne va pas en Europe à l’issue de la saison, je dirais que ça serait une déception à la fois d’un point de vue personnel et collectif, mais si on n’y arrive pas, ce n’est pas la fin du monde comme pour d’autres équipes telles que le Progrès ou Hesperange qui sont initialement programmées pour jouer l’Europe.
Tu es au club depuis 4 ans et tu commences à en avoir vu passer quelques-unes : est-ce que c’est la meilleure équipe de Strassen dans laquelle tu as jamais évolué ?
Je vais dire que c’est la plus complète. Ma première saison ici (ndlr : saison 2021-2022), nous avions également de très bons joueurs, mais l’effectif était moins complet. Cette année, tous les postes sont doublés, du gardien aux attaquants. Je dirais que l’effectif est plus étoffé et donc un petit peu meilleur de ce point de vue-là, ce qui se voit sur les résultats.
Qu’est-ce qui rend ce groupe si spécial ?
Notre plus grande force est qu’on se dit les choses. Il n’y pas de vice, notre groupe est sain, ce qui fait la différence. Vova a 39 ans et on peut lui dire les choses comme avec Paddy Bock qui a 19 ans ! C’est un groupe avec pleins de caractères différents et des gars qui viennent de partout, ce qui donne un melting pot intéressant.
La ligne d’attaque de l’UNA a fière allure (Nico Perez, Zac Hadji, Matheus) : qui est celui qui te fait le plus souffrir dans les cages à l’entrainement ?
En vrai de vrai, je les connais tous ! Je te le dis honnêtement, il n’y en n’a pas un qui me fait souffrir plus que l’autre. Je suis quelqu’un qui anticipe beaucoup les frappes à l’entrainement, à tel point que je les rends dingues à la fin (rires). Il y en a quand même un qui m’énerve quand il met des reprises de volée c’est Nico Perez. Quand il veut marquer, il va marquer. Allez, c’est lui qui me fait le plus chier si je peux me permettre (rires).
Vous avez écrit l’histoire du club en devenant les premiers à participer à des matchs de Coupe d’Europe : que gardes-tu de cette aventure vécue l’été dernier ?
Je vais dire que c’était une aventure humaine avant tout. Quand on a disputé ces matchs, plus de 80% de l’effectif n’avait jamais joué un match européen. On l’a découvert tous ensemble, du comité aux joueurs, en passant par l’entraineur. C’était comme des gamins qui découvrent la magie de Noël pour la première fois. C’était une belle surprise, et on n’a pas été ridicule à l’aller, où on aurait même pu gagner. Le retour était plus compliqué, mais ça nous a donné beaucoup d’espoir et on s’est senti vraiment professionnel.
Est-ce que tu sens que le club est en train d’évoluer et prendre petit à petit de l’importance à l’échelle du pays ?
Ah oui, très clairement. Je suis là depuis 4 ans et quand je suis arrivé, l’objectif était le Top 7, puis le club faisait en fonction de ça, avec un recrutement moins risqué également. Là, avec le nouveau stade notamment, on sent que le club s’agrandit, le comité pense autrement et on voit que le club veut faire partie du paysage luxembourgeois, et ça attire les joueurs. Pour l’anecdote, chaque fin de saison, il y a beaucoup de joueurs qui demandent des informations sur Strassen, et c’est là que tu vois que le club a gagné un pouvoir d’attractivité qu’il avait un peu moins auparavant. Beaucoup de personnes disent du bien du club, toutes les paroles données sont respectées. Et forcément quand l’environnement est sain, que tu sens que tu as du temps, ça t’aide aussi à avoir un cadre de travail plus agréable.
En tant que gardien expérimenté du championnat qui dispute sa huitième saison au Grand-Duché, tu as vu passer bon nombre d’attaquants : lequel t’a le plus impressionné ?
J’ai vu passer énormément de profils différents, mais il y en a un qui est toujours là et qui est inépuisable, c’est Samir Hadji. Ça fait 8 ans que je suis ici et c’est toujours la même chose : il marque, il est présent, il est physique… C’est le seul qui m’a épaté et qui me vient naturellement, même si j’ai vu passer beaucoup de bons attaquants, mais la régularité de Samir, c’est très fort. Il ne déçoit jamais.
Que penses-tu de l’évolution du championnat depuis ton arrivée ?
Ce sont un peu les montagnes russes. Il y a des moments où je trouvais que le championnat progressait énormément, que ça soit avec les médias, les terrains qui s’amélioraient etc. Et puis il y a des années où tout tombe à l’eau. C’est aussi le risque quand tu as un championnat qui n’est pas professionnel. Il n’y a pas de base sérieuse pour que les clubs continuent à avancer. Je trouve que la fédération a parfois du mal à suivre sur certains points.
Et en tant que gardien, que pense Koray Ozcan des pelouses ici ?
C’est une question d’habitude ! En huit ans ici, j’ai dû voir 3-4 terrains qui ne m’ont jamais déçu. Mais en plus, dans la période où l’on est actuellement, je sais déjà que je ne vais pas avoir des pelouses parfaites tous les week-ends. Il faut être préparé à tout et ce n’est pas simple psychologiquement, mais on fait avec !
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