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© Tom Jungbluth, Brice Menier

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Tom Jungbluth, co-fondateur de la Fédération de Skateboard : «Une vraie amitié et solidarité entre nous »

Dans le but de mettre en lumière certains sports moins médiatisés que les plus populaires du pays, Mental! est allé à la rencontre des présidents de différentes fédérations pour faire le point sur leur situation et leur futur. Entretien avec Tom Jungbluth, co-fondateur de la Fédération de Skateboard, tout justement intronisée nouvelle fédération officielle du comité olympique.

Avant tout, félicitations puisque vous allez devenir une des nouvelles fédérations membres du COSL. Combien de temps a pris tout le processus ?

Le COSL nous a approché après l’annonce du Skateboard comme discipline des prochains Jeux Olympiques, soit fin 2018. Comme on était aussi organisateur de la LXB Cup, on a du clarifier dans notre équipe qui allait s’occuper de quoi. Cela a pris un peu de temps pour se mettre en place. C’est vraiment en 2020 qu’on a relancé le processus, en particulier sur les trois quatre derniers mois. Avec beaucoup d’aide du COSL, on a défini qui prendrait quel poste, et aussi mis en place le cadre administratif et légal. Donc je dirais oui, quatre mois assez intensif.

Qu’est-ce que cela change concrètement pour vous ?

En ce moment pas grand chose je dois dire, puisque au niveau des organisations et des clubs, nous avions déjà une structure solide. Nous étions et sommes le support des communes et villes pour construire ou rénover des skateparks. On avait donc déjà un fonctionnement qui devrait demeurer assez similaire.

Quelles ont été les conséquences du COVID sur la pratique de votre discipline ?

En ce qui concerne les évènements, on a malheureusement dû annuler la LXB Cup, que l’on voit à long terme comme le championnat du Luxembourg. Niveau entrainement, c’est assez différent des sports classiques puisque nous n’avons pas aujourd’hui d’entrainements planifiés. C’est l’athlète qui décide quand il travaille. C’est un de nos gros challenges : former des entraîneurs, mettre des cadres en place pour encadrer les jeunes et offrir un entraînement structuré et régulier. Après, niveaux skateparks, pendant un certain temps ils étaient fermés. Mais ce qui est bien avec le skate, c’est qu’en prenant sa planche, en sortant dehors, on peut s’entrainer et pratiquer.
En ce qui concerne le futur des évènements, on est en train de planifier la LXB Cup et encore un autre évènement qui devrait prendre place en juillet 2021. Mais on ne sait pas encore si ça sera possible ou non. Si on doit le faire avec des restrictions on le fera. Et sur le plan international, il n’y a pas vraiment eu beaucoup de compétitions.

Cela a-t-il amené à des difficultés sur le plan financier ?

On n’a pas encore eu de grandes dépenses, ce qui évite d’être trop touché. Ce qu’on a mis en place c’est le site internet et la charte graphique, qu’on est en train de finaliser. Autre que ça, l’impact n’a pas été trop sévère. En tout cas, le feedback de nos sponsors qu’on veut intégrer comme partenaires est dans l’ensemble très positif.

Comment attirer du public dans une discipline pratiquée de manière récréative, et les transformer en membres de la fédération ?

On doit toujours regarder le skate différemment. Ça provient du surf. Ça a toujours eu une image très rock and roll. La communauté elle-même est assez divisée pour être honnête. Il y a ceux qui acceptent que c’est un sport, une discipline rigoureuse et sérieuse. D’autres ont plus l’approche récréative, fun et ne veulent pas restreindre leurs libertés. On a aussi certains athlètes au Luxembourg qui font partie du niveau élite. A ce moment-là, pour eux, c’est assez facile de les motiver puisqu’il faut être licencié pour concourir à des compétitions. Pour les plus jeunes, le cadre d’une fédération permet aussi de rassurer. Et c’est un cercle vertueux. Plus on a de monde, plus on a de poids pour demander aux communes des structures fermées, l’amélioration et la rénovation de certaines structures âgées. Donc cet aspect-là peut aussi attirer.

Il y a-t-il au Luxembourg des athlètes qui peuvent concourir au plus haut niveau ?

On a aujourd’hui un athlète qui est vraiment au niveau élite, Sven Kieffer. Il a déjà fait deux tops 10 dans la LXB Cup face à des athlètes venant de toutes parties du globe. On l’a ensuite vu dans beaucoup de vidéos ou articles de grands médias qui couvrent le sport, et en particulier dans Transworld Skateboarding, qui est un peu la bible pour les skaters. Etre présent dans ces magazines et sites, c’est une preuve de son talent. Nous avons aussi des jeunes de 13, 14 ans qui sont en train de se pousser au maximum, et de booster le sport. Une douzaine de jeunes qui se développent d’une bonne manière et ont vraiment une approche « athlète ». Ils restent dans la mouvance « rebel », mais plus structuré.


Sven Kieffer, grand espoir du skateboard luxembourgeois.

Qu’auriez-vous à dire aux gens qui disent que le skateboard n’a pas lieu d’être un sport aux Jeux Olympiques ?

Moi, je viens du foot. Quelque chose qui m’a fasciné dans le skateboard, c’est le respect que l’on a l’un envers l’autre. On voit cette amitié, ce soutien entre athlètes, quelque chose de très unique et dont beaucoup d’autres sports devraient s’inspirer. Il y a toujours une compétitivité qui fait partie de chaque athlète, mais il y a aussi une vraie profonde amitié et solidarité entre nous tous. Donc je leur conseille de venir nous voir et changer leur jugement.

Auriez-vous quelque chose à rajouter ?

J’aimerais vraiment remercier le COSL. C’est un très grand honneur d’avoir été approché pour fédérer, et on va essayer au maximum de notre côté de satisfaire les athlètes luxembourgeois, de créer une vibe positive et d’offrir le maximum d’opportunités aux jeunes du pays.

Pour plus d'informations sur la fédération, n'hésitez pas à vous rendre sur le site www.skateboard.lu

Date de publication: 23 mars 2021

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