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Euro 2020

Angleterre - Italie : Les clés tactiques

Nous y voici, après un mois de compétition, l’Euro 2020 se clôture ce soir avec une finale inédite entre l’Italie et l’Angleterre. Deux équipes aux parcours assez identiques en phase de poule. Lors des matchs à élimination directe, les Anglais auront peut-être eu un tableau un peu plus favorable avec une seule « top » équipe, l’Allemagne. Autre rapprochement à mettre en avant, le fait que ces deux équipes font partie du cercle des nations qui ont joué cet Euro majoritairement « à domicile ». Voici quelques clés de cette rencontre qui, comme toutes les finales, est et sera un match à part où il nous est quasiment impossible de deviner son issue.

1ère clé : La performance défensive de chaque équipe.

Nous parlions de similitudes entre l’Italie et l’Angleterre. Force est de constater que leur performance défensive, pendant toute la compétition, a été l’un des principaux facteurs de réussite dans leur parcours jusqu’à la finale. Déjà, lors des matchs de poule, aucun des deux équipes n’a encaissé de but. Cela a un peu changé aux tours suivants puisqu’hormis lors des huitièmes de finale, les Italiens ont toujours encaissé un but, alors que les Anglais ont pris leur premier et unique but lors de leur demi-finale contre le Danemark (sur coup-franc direct). Ces chiffres mettent donc en avant des qualités défensives physiques et tactiques de haut niveau pour chacun des 2 groupes. Selon le scénario de leurs matchs et le niveau de leurs adversaires, nous avons pu observer comment ces deux équipes se sont comportées avec un bloc défensif bas et une volonté de subir le jeu comme contre la Belgique et l’Espagne pour l’Italie, et entre la 15ème et la 45ème contre le Danemark pour les Anglais. Chaque défense possède des joueurs d’expérience, avec le vice qui va bien, pour compenser leur manque de vitesse face à des attaquants de plus en plus explosifs. Une défense à 4 et une ou deux sentinelles, tout est mis en place pour faire de la protection de son propre but une priorité. Aussi, forcer l’adversaire à se projeter haut pour, après la récupération, vite se projeter vers l’avant et contrer. Même si avec leur bloc bas, ces deux équipes ont encaissé des buts, on peut imaginer que cette finale ne se terminera pas sur un score fleuve et que la 1ère équipe qui marquera, et qui redescendra son bloc par la suite, aura pris une sacrée option sur la victoire.

2ème clé : La capacité de se renouveler offensivement face au bloc défensif adverse.

Nous évoquions juste au-dessus la solidité des blocs défensifs italien et anglais. Face à ces défenses placées assez bas, avec des lignes serrées pour réduire les espaces, il est important de mettre de la qualité technique et de la vitesse dans les échanges de passes et créer le plus de décalages possibles. Il faut également avoir assez d’imagination pour diversifier ses phases d’attaques placées. Dans le cas de l’Italie, on a pu observer de nombreux joueurs sortir de leur zone de confort et amener une vraie plus-value dans leurs déplacements. Face à l’Espagne, on a pu voir les défenseurs centraux monter balle au pied pour démarquer leurs milieux. On a également vu , par exemple, un Lorenzo Insigne rentrer dans l’axe à certains moments pour s’adapter à la défense à 3 des Belges. Aussi, on peut souligner la participation des défenseurs latéraux. Du côté anglais, le jeu est peut-être un peu plus stéréotypé et, comme évoqué dans l’analyse de la demi-finale contre le Danemark, se décline en 2 circuits de jeu :

- Le décrochages d’Harry Kane
- Les attaques côté gauche du duo latéral-ailier

Le côté droit, alimenté notamment par Harry Kane, n’est toujours animé que par l’ailier qui ne profite quasiment jamais du soutien de son latéral droit Kyle Walker. A chaque fois que l’on observe les Three Lions, on constate qu’ils appuient encore et encore sur leurs points forts :

- L’intelligence de Kane
- L’explosivité et la vitesse de leurs ailiers, voire de leur latéral gauche

Connaissant l’intelligence tactique de Roberto Mancini, on peut imaginer que le technicien italien mettra en place un plan de jeu défensif adapté à celui de Gareth Southgate. Le sélectionneur anglais sera forcément obligé de trouver des alternatives à ses schémas de jeu offensifs habituels et, peut-être une prise de risque plus importante. Sur ce point, on pourra peut-être mettre une pièce sur des Italiens peut-être moins explosifs mais avec une culture tactique plus poussée et, surtout, une capacité d’adaptation à l’adversaire. Dans cet Euro, on a vu une Italie aux deux visages : offensive en phase de poules, défensive lors des tours suivants. Les Anglais ont, eux, gardé la même façon de jouer. Ce qui ne leur a pas porté préjudice pour autant !

3ème clé : La gestion physique des joueurs et l’atmosphère extérieure

Tout au long de cet Euro, nous avons pu constater de nombreuses blessures musculaires illustrant l’usure des joueurs à la suite d’une saison à rallonge. La finale de cet Euro sera, pour chaque équipe, leur 7ème match en 1 mois soit pratiquement 1 match tous les 4 jours. Ayant joué une bonne partie de ces matchs à domicile, ce rythme reste tout de même fatigant et la gestion physique des joueurs sera une des clés de cette finale. Sur ce point, il y’aura peut-être un peu plus de fraicheur pour les Anglais qui n’ont fait qu’un petit aller-retour à Rome. Avantage peut-être un peu nuancé par le fait qu’il semble que Roberto Mancini, n’a pas hésité à utiliser, plus régulièrement que Southgate, ses 5 ou 6 changements. Nous évoquions le fait que l’Angleterre a disputé cet Euro à domicile et cela sera aussi un facteur important pour les Three Lions. Face au Danemark, on a vraiment senti que les supporters anglais ont joué à fond leur rôle de 12ème homme. D’ailleurs, le stade de Wembley sera quasiment « anglais » puisque les supporters extérieurs au pays ne seront pas autorisés. Un facteur extérieur non négligeable pour une finale. Voilà, on a essayé de trouver quelques clés pour cette finale, nous verrons au coup de sifflet finale si l’on était un peu dans le vrai où si on s’est complètement déchiré… Dans tous les cas, on espère juste sortir, de cette rencontre, totalement épuisé par toutes les émotions que les joueurs, coachs, arbitres, supporters… nous auront fait vivre.

Thomas Fullenwarth

Date de publication: 11 juillet 2021

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