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Reuters

Euro 2020

God Save the Kane

L’Angleterre se voit offrir une occasion en or de rejoindre la première finale du Championnat d’Europe des Nations de son histoire. Devant son public à Wembley, les Three Lions pourront compter sur le soutien de leurs supporters. Mais aussi sur le talent d’Harry Kane, salement critiqué en début de tournoi mais revenu à son meilleur niveau au meilleur des moments.

À 90 petites minutes du rêve. L’Angleterre le sait : ce soir, elle a rendez vous avec l’Histoire. Son Histoire. L’occasion de faire enfin oublier des années de fiasco, défaites inattendues, attentes non remplies et souvenirs douloureux. L’heure de peut-être, changer un peu la légende d’une sélection magnifiquement loser, incapable de ne pas céder à la pression. Les anecdotes, matchs et débâcles sont pléthores mais peuvent enfin être balayés par le biais d’une simple victoire contre le Danemark.

Une efficacité offensive retrouvée

Pour arriver à ce stade de la compétition, l’Angleterre a avant tout réussi à proposer une partition défensive solide. C’est bien simple : la sélection coachée par Gareth Southgate n’a encaissé aucun but depuis le début du tournoi. Une absolue prouesse qui en dit long sur les capacités défensives de l’équipe, qui propose un bloc compact, solide et rugueux. À ce petit jeu, dur de ne pas mentionner Maguire. Le joueur de Manchester United a souvent souffert du prix faramineux de son transfert, mais force est de constater que dans cet Euro, le défenseur central a offert des prestations de haut niveau et guidé son équipe vers cinq clean-sheets consécutives.

Mais ne pas encaisser de but n’est pas nécessairement suffisant pour remporter une compétition. Il faut aussi, de temps à autre, ne serait-ce que par parcimonie, transpercer les filets adverses. Et dans ce domaine, la Perfide Albion a eu bien du mal à confirmer. Avec seulement deux buts marqués en phase de poules, l’équipe d’Angleterre s’était certes qualifiée première, mais n’avait pas impressionné pour autant. Il aura fallu attendre le début des éliminations directes pour voir les buts enfin couler à flots. Deux contre l’Allemagne, quatre contre l’Ukraine, et bien entendu, la finition retrouvée d’un certain Harry Kane. Vilipendé durant l’intégralité des matchs de groupe, le buteur et capitaine des Three Lions a su rebondir au meilleur des moments. Avec trois buts clutch et deux passes décisives, Hurrikane a fait honneur à son statut d’un des meilleurs attaquants du monde. On peut d’ailleurs féliciter la dévotion de son entraîneur Gareth Southgate, qui n’a jamais cédé à la vox populi, titularisant son numéro 9 lors de chacune des rencontres. Une confiance rendue par l’attaquant longiligne, auteur, au-delà des buts, de prestations bien plus en adéquation avec son réel niveau. Moins pataud, beaucoup plus en phase avec ses partenaires - Sterling en particulier - le buteur de Tottenham s’est mis au diapason, voire au dessus de la mêlée.

Un stade acquis à eux, une terre entière pour son adversaire.

L’Angleterre aura nécessairement besoin de son capitaine pour cette demi-finale face à un adversaire inattendu mais particulièrement redouté. C’est que le Danemark, dont la fameuse aventure humaine ne cesse d’être rabâchée a conquis le coeur de tous les spectateurs de football du monde entier. Et, puisqu’il faut sans cesse le rappeler, ne se repose pas juste sur un état d’esprit pour engloutir ses adversaires. C’est bien un collectif huilé, une efficacité offensive et une vraie solidité défensive qui sont les atouts-clés de la formation Scandinave qui, ayant déjà largement dépassé les objectifs pré-compétition se retrouve aujourd’hui sans pression au moment d’entamer cette rencontre historique. Lui reste maintenir à réussir un nouvel exploit : celui d'éliminer "l'hôte" du tournoi et briser, à nouveau, le vieux rêve anglais.

Date de publication: 07 juillet 2021

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