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Euro 2020

Suisse - Espagne : pour un nouvel exploit ?

Ce vendredi à 18h dans la ville de Saint-Petersbourg, Espagne et Suisse s’affrontent pour une place dans le dernier carré de l’Euro 2020. Une rencontre dans laquelle les Ibériques partiront favoris, mais devront évidemment se méfier d’une Nati qui a montré au tour précédent face au champion du monde en titre qu’elle n’avait plus peur de personne.

La Nati n’a peur de personne

Ce sont les fameux "lendemain de". Ceux qui suivent l’exploit retentissant, et qui peuvent être extrêmement compliqués à gérer sur le plan émotionnel. Pour la Suisse, il est possible d’aborder cette rencontre de plusieurs manières. La première est évidemment de se dire qu’après avoir éliminé la France grâce à une performance exceptionnelle, elle ne doit avoir peur de personne. Après tout, après avoir vaincu l’immense favori du tournoi et champion du monde en titre, existe t-il encore des raisons de trembler ? Portée par un vent irrésistible et une confiance à son paroxysme, la Nati devrait pouvoir regarder les yeux dans les yeux son adversaire du jour. Et, une fois n’est pas coutume, l’élan de popularité de la sélection - généralement soutenu par un public assez indifférent - pourrait être l’atout supplémentaire pour définitivement faire basculer le pays dans la folie.

La deuxième manière de voir les choses est évidemment de se dire que la pression n’est plus. En remportant son premier match à élimination directe depuis 1938, la Suisse a brisé son plafond de verre et ouvert la voie à un horizon bien plus doré qu’auparavant. Et a démontré des qualités mentales exemplaires, dans une rencontre où le courage et l’abnégation étaient indispensables, après être passée proche du 2-0 et s’être retrouvé menée 1-3 à dix minutes du terme. Une résilience mentale que l’on a aussi retrouvé lors de la séance de tirs aux buts, où chaque joueur Helvète a transformé son penalty.

Quoi qu’il en soit, une chose est certaine : la Nati ne débarquera pas dans la rencontre en victime expiatoire, et visera dans tous les cas à réitérer l’exploit. Il faudra pour cela réussir une prestation du même acabit, mais ce sans son capitaine exemplaire Xhaka, auteur d’une rencontre absolument irréprochable tant dans l’attitude balle au pied que dans le soutien constant de ses coéquipiers. Une absence qui risque de peser face à une équipe Espagnole qui n’a jamais semblé aussi dangereuse.

Une Roja en pleine confiance

Luis Enrique a assurément réussi son pari. Vivement critiqué lors du dévoilement d’une sélection amputée de joueurs du Real Madrid - une première dans l’histoire - le coach des Asturies n’a jamais cédé à l’emballement médiatique et est resté fidèle à ses principes. Au-delà d’un style de jeu facilement reconnaissable, « Lucho » a aussi construit un groupe dans laquelle tous et chacun peuvent débuter d’un match à l’autre. Une concurrence accrue qui ne semble pas avoir eu de répercussions négatives sur la sélection qui semble particulièrement unie dans cette compétition. Si le début d’Euro a pu faire craindre le pire avec deux matchs nuls et ternes face à la Suède et la Pologne, le carton face à la Slovaquie (5-0) et le festival offensif contre une Croatie vice-championne du monde (5-3) ont rassuré les aficionados de la seleccion sur le potentiel de l’équipe. Un déclic mental qui semble avoir libéré la Roja, dorénavant bien plus confiance sur ses capacités.

Portée par une colonne vertébrale rajeunie et impressionnante, la nation championne d’Europe en 2008 et 2012 sait par instant régaler. Eric Garcia en défense, Pedri au four et au moulin au milieu de terrain, et le jeune Ferran Torres en attaque offrent ainsi un vent de fraîcheur à un jeu parfois stéréotypé et à court d’idées. Enfin, Alvaro Morata, après avoir été violemment critiqué toute la saison a fait preuve d’une grande résilience mentale, récompensée avec un but salvateur en prolongations contre la Croatie.

Pour l’Espagne, un quart de finale dans un euro débuté sans réelles certitudes sonne déjà comme une victoire. Néanmoins en affrontant un adversaire assez modeste sur le papier, l’opportunité de rejoindre le dernier carré d’une compétition majeure pour la première fois depuis 2012 est bien réelle. Et une élimination sonnerait assurément comme une déception au pays qui se remet doucement à rêver à un nouveau titre dans un Championnat d’Europe des Nations.

 

 

Date de publication: 02 juillet 2021

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