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Albert Krier

Football

Nicolas Perez :« Benzema - Perez, ça pourrait être sympa ! »

Passé du Swift Hesperange à Strassen cet été, Nicolas Perez, à l’image de son club, réussit un excellent début de saison. Déjà de nombreuses fois buteur, l’attaquant revient sur son arrivée à l’UNA, les soucis actuels du Swift, et la rencontre de ce week-end. Entretien.

Quel bilan tirer de ce début de saison ?

Le bilan est sincèrement très satisfaisant. Quatre victoires, un nul et deux défaites, c’est plus que positif. J’espère que ça va continuer.

Et quel bilan tires-tu de tes premières apparitions ?

Lors des premières rencontres, il a fallu que je m’adapte à l’équipe et vice versa. Nous avons aussi un nouvel entraîneur et beaucoup de nouveaux joueurs. En termes de jeu cela a été un peu compliqué, mais sur les derniers matchs on voit beaucoup de mieux. Je me sens bien dans cette équipe, je suis en confiance, ça marche. J’espère que cela va continuer.

Quels sont les domaines sur lesquelles l’équipe doit-elle encore s’améliorer selon toi ?

Notre bloc équipe doit être plus solide déjà. Mais surtout, notre manière d’aborder les matchs doit être encore plus emplie de rage. Un club comme Strassen se doit d’être dans une optique de guerriers tous les week-ends. Il faut se le mettre en tête, et réaliser que lors de chaque journée, on aura besoin de cet état d’esprit. On doit être soudé et solidaire pour aller chercher des résultats.

Tu t’es fixé des objectifs personnels cette saison ?

Des objectifs j’en ai, mais ils sont plus collectifs.  Oui, mon rôle est de mettre des buts, donc forcément, j’y pense énormément, et quand ça se passe comme en ce moment, avec six buts sur sept matchs, c’est certain que je suis très satisfait. Mais plus important encore, les résultats de l’équipe ont été très positifs. Mes buts n’ont pas servi à rien, ils ont été utiles, cela rend le tout bien plus plaisant. Marquer et perdre, ça ne m’intéresse pas vraiment.

Vous réussissez de très bons résultats face au gros du championnat, comment l’expliques-tu ?

Je pense que le coach a avant tout une excellente philosophie de jeu. Les premiers matchs étaient un peu compliqués mais le groupe commence à assimiler les principes. Après, les rencontres face au gros du championnat nous permettent aussi d’avoir un peu plus d’espace que les autres matchs. Ils sont plus dans l’offensive, ce qui nous permet, à la perte de balle, de pouvoir vite nous projeter et trouver des opportunités. Il y a aussi peut-être un peu de relâchement chez l’adversaire quand ils jouent une équipe un peu plus modeste. Mais même si c’est le cas, je préfère retenir le fait que c’est nous qui mettons les bons ingrédients pour l’emporter. Contre le Fola et Niederkorn, on a vu un très bon jeu de notre part en comparaison avec le début de saison. Ce sont des rencontres qui sont vraiment plaisantes à jouer, avec un travail fait sur la possession de balle. Le coach ne veut pas non plus que l’on dégage à tout-va, cela nous oblige à jouer proprement, c’est très agréable. Les résultats étaient mérités, et le match face au Progrès doit être considéré comme une rencontre référence.

Tu es passé dans un club au standing un peu plus modeste, peux-tu expliquer comment tout s’est passé ?

C’était d’un commun accord avec le Swift après une discussion sincère, entre hommes. J’avais envie de changement, de nouveauté, mais surtout de jouer au foot avec régularité. Mes années à Dudelange à Hesperange ont été un peu en dents de scie, avec parfois des titularisations, d’autres fois le banc. J’avais vraiment besoin de retrouver la joie d’être titulaire dans une équipe qui compte réellement sur moi. Le temps de jeu était primordial à mes yeux. Je sais comment fonctionne le camp Becca avec énormément de recrutement. Tu peux faire une saison à 68 buts, il va encore changer l’attaquant. Il me fallait de la stabilité et de la sécurité. J’ai eu une super entente avec le Président lors de nos premières discussions, et je suis très heureux de mon choix.

Tu as fait quelques années au Swift, que penses-tu de la situation actuelle ? Es tu surpris de ce qu’il se passe là-bas ?

Vu de l’extérieur, et connaissant un peu la maison, je ne peux pas dire que je suis surpris. Monsieur Becca attend beaucoup de résultats et le moindre faux-pas ou contretemps crée vite un sentiment de crise. C’est difficile à gérer, mais les joueurs savent où ils mettent les pieds. On sait comment il fonctionne, c’est la même chose depuis des années, donc on ne peut pas prétendre être surpris après quelques matchs de la situation. Que cela soit en tant que coach ou joueur, on n’a absolument pas le droit de se louper, c’est comme ça. Il a les moyens de faire une grosse équipe et il demande énormément en retour, c’est donnant donnant. Peut-être n’est-il pas assez patient, mais la donne est claire : il faut des résultats. Il veut gagner tous les matchs, mais je pense qu’il oublie peut-être qu’il y a des adversaires de qualité en face qui veulent vraiment tenir tête au Swift.

Tu as pu faire l’expérience de jouer avec un groupe extrêmement élargi de joueurs, est-ce que tu peux nous raconter comment tu l’as vécu, toi et le groupe de l’intérieur ?

Honnêtement, de mon côté, même si je n’ai pas toujours eu énormément de temps de jeu, j’ai toujours réussi à me faire ma petite place, j’étais concerné. C’est clair qu’il y a des joueurs qui sont dans une situation où ils auront pratiquement zéro chances. À eux de faire avec, de travailler et saisir l’opportunité quand elle se présente. Mais c’est certain qu’avec un groupe de quasiment quarante joueurs… C’est compliqué. C’est aussi au coach de gérer.

C’est ton premier retour depuis ton départ, est-ce que c’est compliqué d’affronter son ancien club ?

Non, ça n’est pas compliqué pour moi. Même si je connais encore certains cadres, il y a aussi eu énormément de changements. Je ne me mets pas de pression, je n’y vais pas revanchard ou quoi que ce soit. Je vais faire mon match comme à chaque fois, avec la même préparation, et on verra bien comment cela se passe.

Quelle est la différence entre le Nicolas Perez lors de son arrivée au Luxembourg, et celui d’aujourd’hui ?

Déjà, celui d’aujourd’hui a connu beaucoup de clubs et a eu des enfants aussi (rires) ! Pour ce qui est du terrain, je ne sais pas trop… Je ne pense pas qu’il y ait une grande différence. Je pense avoir gagné en maturité, en expérience, je connais mieux le championnat et les équipes. Si je suis un meilleur footballeur qu’à mon arrivée ? Je ne sais pas. J’ai gardé mon football, avec peut-être un peu plus de vécu.

Comment juges-tu l’évolution du championnat ?

Elle est très bonne. J’en parlais récemment à des collègues. Il y a une grosse progression, des bons joueurs sont venus, chaque club a dorénavant une base solide et des onze qui commencent à vraiment tenir la route. Il y a peut-être encore du mieux à aller chercher sur le niveau des remplaçants, mais cela va vraiment dans le bon sens. On le voit cette année, avec un championnat très serré. Et c’est quelque chose qui rejaillit sur nous, les joueurs. Le niveau s’élève et nous aussi.

Est-ce que tu as été surpris de ne pas être convoqué par Didier Deschamps lors du dernier rassemblement ?

(Il explose de rire) Je m’y attendais un peu ! Ça aurait été bien d’être aligné avec Benzema. Perez-Benzema, ça aurait donné quelque chose de vraiment sympa je pense.

Date de publication: 25 septembre 2021

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