Melody Laurent le dit elle-même : comment avoir une autre passion sachant que le foot est au-dessus de tout ? Mais quand on gratte un peu, on s’aperçoit que derrière la guerrière sur le terrain se cache une femme empathique, spontanée, ouverte et très différente de l’image qu’elle renvoie chaque week-end.
Quelles sont les meilleures victoires à fêter ?
Melody Laurent : Je suis très équipe et collectif, donc ce que j’adore, c’est une victoire où l’on sent que tout le monde s’est donné, arraché, que ça a été difficile jusqu’à la dernière minute. Et après qu’on se sente solidaires, qu’on se prenne toutes dans les bras, qu’on chante et qu’on aille boire un verre ou manger ensemble. C’est le partage qui est le plus important. Par exemple, lors du tournoi Lalux de futsal, à chaque victoire, plus on s’approchait, plus je sentais les filles commencer à se libérer, c’est ce que j’avais à Mamer et c’est ce que j’aime ! Les débuts à Differdange entre les Portugaises et les francophones étaient difficiles à cause de la barrière de la langue, mais maintenant c’est de plus en plus présent.
Ta favorite à mi-saison pour le Dribble! d’Or ?
Karoline Kohr : j’adore son jeu ! Pour moi ça reste une joueuse qui a toutes les qualités : sens du but, physique, vitesse, intelligence. Le changement au Racing a aussi fait du bien à Sophie Quatrana. Pour un défenseur, on ne reste pas serein : c’est une fille qui s’arrache pour avoir le ballon. Ces deux joueuses-là sont les plus imprévisibles et les compliquées à marquer. Il y aussi la vitesse de Joana : mieux vaut ne pas se manquer face à elle car pour la rattraper… Et Coraline Corplet récemment, j’ai été très étonnée de sa vitesse !
Niveau visibilité du championnat, il y a du mieux ?
On voit de plus en plus de photographes se déplacer sur les terrains de D1. Et il faut souligner le très beau travail du Racing sur les images et les posts sur les réseaux sociaux. Je suis jalouse car j’aimerais bien avoir de belles photos comme ça ! Les filles sont toujours parfaites sur les photos, même dans l’effort à l’entraînement ! Si jamais le photographe veut passer par Differdange, il est le bienvenu ! (rires) Non seulement pour nous ça fait de beaux souvenirs, et surtout ça fait beaucoup plus professionnel.
La chanson qui tourne en boucle dans ta playlist ?
J’espère que je ne vais pas être jugée ! (rires) J’aime bien regarder la Star Ac’ donc évidemment j’ai suivi la dernière et la chanson de Marine la gagnate a tourné dans ma tête !
Best plat ever ?
Je suis pas la meilleure cliente pour répondre à cette question ! Je suis toujours la personne au restaurant où on me met en bout de table pour que je choisisse en dernier… Je mange de tout, et j’adore tellement de trucs que c’est compliqué pour moi de choisir ! Allez, je dirais spaghettis carbonara ou bouchées à la reine pour rester dans le classique.
Ta destination pour des vacances idéales ?
Peu importe tant qu’il fait chaud, qu’il y a du soleil et qu’on peut bronzer ! J’adore voyager, j’essaie chaque année de découvrir de nouvelles choses et de voir une nouvelle destination. J’ai l’air organisée mais pour ce genre de choses, pas du tout : c’est tout à la dernière minute ! Et pour me retrouver, j’adore me détendre chez moi, seule avec mon chat…
Le film qui te fait pleurer à chaque fois ?
Tous les films tristes ! On ne dirait pas comme ça, mais je suis une très grande sensible ! Dès que je suis touchée, je pleure. Quand je regarde des films avec des amis, j’essaie de voir du coin de l’œil qui pleure avec moi, mais il n’y a jamais personne ! Le film turc « 7. Koğuştaki Mucize » m’a fait pleurer comme une madeleine…
Le maillot que tu rêverais d’avoir ?
J’ai toujours apprécié les dribbles de Neymar. Je sens que je vais être jugée à nouveau ! (rires). Je choisirais direct son maillot à Barcelone. Ses meilleures saisons, avec Messi et Suarez, c’était quelque chose…
Combien de tatouages ?
Treize ! Ça fait longtemps que la pose du dernier est faite, j’ai déjà pensé à la suite mais il faut savoir que je suis une grosse douillette ! Je joue au foot, je donne des coups, j’en reçois sans aucun problème, mais j’ai peur de la douleur !
Comment définirais-tu ton style ?
Je fais peut-être un peu « garçon » avec les cheveux courts, mais je crois être plus féminine que toutes les filles autour de moi ! J’aime bien être bien habillée, je ne sors jamais en jogging pour aller faire des courses par exemple. Mon dressing est immense ! Je suis souvent critiquée parce que j’achète des vêtements mais je ne sais plus où les mettre… J’ai tout, j’aime tout, mais pas assez de place ! J’adore le shopping sur place, mais j’ai surtout une addiction à Zalando lounge, j’y suis tous les jours et je commande beaucoup trop ! Le pire fashion faux-pas ? Robes et baskets, je trouve ça vraiment horrible !
Et sur le terrain ?
Je suis très calme, attentive à tout et à tout le monde : j’ai la tête à 360°, d’où mon poste et le confort que j’ai à jouer là. Je parle pendant 90 minutes, comme un support du coach. J’ai toujours dit que le foot, c’est 50% dans la tête, et 50% dans les pieds. Sur le terrain, dans ma tête je suis au taquet du début à la fin, ça m’a toujours aidé et je crois que ça aide les filles autour. Avec moi, il n’y a jamais de manque de communication, je parle tout le temps ! Il faut dire qu’en dehors du boulot, je vis foot, je pense foot.
Pour la suite, tu te vois sur un banc ?
Oui, je me vois bien coacher au Luxembourg. C’est dans mes projets déjà depuis plusieurs années : dès que je ne pourrai plus jouer, je le ferai. À Mamer, pendant deux années j’ai fait coach adjoint et joueuse, j’ai vraiment bien aimé. J’ai pu quelquefois préparer, animer toute la séance d’entraînement quand le T1 n’était pas là, et je la réalisais avec les autres joueuses. J’ai eu de bons retours ! Mais c’est un travail difficile, fatigant, et j’ai envie de me consacrer à ce que je fais à 200% et ne pas m’éparpiller à faire tout en même temps. Dès que je ne jouerai plus au foot, ce sera la prochaine étape.
Quels sont : ton défaut bien connu et ta qualité injustement méconnue ?
C’est mon côté indécise ! La chiante de service qui réfléchit trop pour tout et n’importe quoi ! D’un autre côté, souvent quand on ne me connaît pas on me trouve à première vue plutôt froide et fermée. Alors que tous les gens qui me connaissent savent que je suis vraiment très empathique. Je me souviendrai toujours qu’à la fin d’un stage à l’école, mon prof m’avait convoquée parce qu’il était étonné que sur mon lieu de stage on avait été très content de moi ! J’étais plutôt une élève sage et dans le fond de la classe à essayer de me cacher pour ne pas avoir à parler devant tout le monde… Le côté leader, c’est vraiment venu dans le sport !
Quelle est la question à laquelle Melody Laurent aurait aimé répondre mais qu’on ne lui a pas posée ?
Je sais quelle question j’aurais aimé qu’on me pose mais à laquelle je n’aurais pas voulu répondre : qu’est-ce qui m’a fait partir de Mamer ?
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