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Omnisports

JO: une pluie d'étoiles sur Tokyo

J-3 avant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Tokyo. Ce mardi retour sur quelques têtes d'affiche de la XXXIIe olympiade.

Simone Biles (Gymnastique)

À 24 ans, la gymnaste américaine est déjà entrée dans l’histoire avec un palmarès étourdissant. Et c’est dans la lignée de ses performances réalisées depuis ses premiers titres de championne des États-Unis qu’elle a entamé l’année 2021. Sacrée une septième fois dans son pays, elle a établi un nouveau record de titres à Fort Worth. Mais toute Simone Biles qu’elle est, la gymnaste de 1m42 devra tout de même passer par les sélections américaines pour valider son ticket pour Tokyo, du 24 au 27 juin prochain. Une olympiade où la gymnaste de tous les records devrait présenter une nouvelle figure, un double salto arrière corps carpé qui pourrait bientôt porter son nom…

Les sélections américaines devraient en tout cas (logiquement) être une formalité pour elle. Car la native de Colombus, dans l’Ohio, a bien l’intention d’écraser la concurrence à Tokyo, cinq ans après des Jeux de Rio où elle avait remporté quatre médailles d’or (concours général par équipes, individuel, saut de cheval et sol), ainsi que le bronze à la poutre, à l’occasion de ses premiers JO. Ajoutez à cela 19 titres mondiaux et vous obtenez tout simplement la gymnaste la plus décorée de tous les temps.

Mais outre ses performances sportives, Simone Biles est entre-temps devenue une icône dans le monde sportif. Il faut dire que son parcours personnel forge le respect. Adoptée et élevée par ses grands-parents en raison de la toxicomanie de sa mère, c’est à l’âge de 6 ans qu’elle commence la gymnastique, un sport où les représentants afro-américains ne sont pas légion aux USA. Elle révèle également en 2018 avoir été victime d’abus sexuels de la part du médecin de l’équipe des États-Unis, le tristement célèbre Larry Nassar. Elle a également été deux fois élue sportive de l’année par l’Associated Press en 2016 et 2019.

 

Caeleb Dressel (Natation)

Et si c’était lui le successeur du légendaire Michael Phelps ? En termes de médailles olympiques, Caeleb Dressel est, certes, encore très loin du nageur de Baltimore (2 contre 23), mais il a tout l’avenir devant lui, et à vue de nez, encore trois éditions de Jeux olympiques à disputer avant que ne sonne l’âge de la retraite. De quoi confirmer tout le potentiel qu’il laisse entrevoir depuis son éclosion à Rio 2016.

Entre-temps, le spécialiste de la nage libre et du papillon a maté la concurrence lors des championnats du monde en grand bassin à Budapest en 2017 et à Gwangju en 2019. Sur ces deux rendez-vous mondiaux, il a décroché l’or sur 13 des 15 épreuves où il était aligné, soit 13 médailles d’or et 2 en argent. À Budapest, il réalise l’exploit de décrocher trois titres mondiaux en l’espace de moins de deux heures ! Du jamais-vu. Tandis qu’à Gwangju, en plus de l’or sur le 100m papillon, il s’octroie un nouveau record de la distance en 49’’50.

Avant les JO, le nageur américain de 24 ans disputera les sélections américaines au courant du mois de juin, un échauffement avant d’entrer dans le vif du sujet dans la piscine olympique tokyoïte. Le mois d’août, mois de la moisson de médailles pour le colosse de Green Cove ?

 

Noah Lyles (Athlétisme)

Christian Coleman étant suspendu pour dopage, la star de l’athlétisme américain à Tokyo devrait être Noah Lyles. À 24 ans, il disputera au Japon les premiers Jeux olympiques de sa carrière. Spécialiste du 200m, dont il est devenu champion du monde en 2019 à Doha, il détient en outre la quatrième meilleure performance de tous les temps sur cette distance, avec un 19’’50 réalisé à Lausanne, toujours en 2019. Champion du monde du 4x100m également, il sera un des rouages essentiels du relais américain sur cette épreuve. Son duel avec le Sud-Africain Wayde Van Niekerk sera un des temps forts des épreuves d’athlétisme aux JO. Noah Lyles sera également aligné sur le 100m, où il sera le premier Américain à tenter de réaliser le doublé 100/200 depuis Carl Lewis en 1984.

 

Kohei Uchimura (Gymnastique)

Voilà l’une des principales chances de médaille d’or pour le Japon lors de ses JO à domicile, à l’occasion de la deuxième olympiade organisée à Tokyo après celle de 1964. À 32 ans, Kohei Uchimura va sans doute disputer devant son public ses derniers Jeux olympiques, et va vouloir clore en beauté son histoire avec les anneaux : « Je ne pensais pas que je participerais à quatre Jeux olympiques. C’est quelque chose que je n’arrive même pas à assimiler. C’est incroyable, quand on y pense objectivement. » En 2008, à Pékin, il termine deux fois avec l’argent autour du cou (concours par équipes et concours général). En 2012, à Londres, c’est enfin la consécration grâce à l’or sur le concours général, et encore deux médailles d’argent au concours par équipes, et au sol.

Quatre ans plus tard, à Rio, il récolte encore deux médailles d’or (concours par équipes, concours général), entrant un peu plus dans l’histoire de la gymnastique nippone en parvenant à conserver son titre, comme l’avait fait son compatriote Sawao Kato en 1968 et 1972. En championnat du monde, sa domination est sans égale. Uchimura a en effet remporté six fois d’affilée le titre au concours général individuel (Londres 2009, Rotterdam 2010, Tokyo 2011, Anvers 2013, Nanning 2014, Glasgow 2015). Une série interrompue par une blessure à la cheville à Montréal en 2017. Au total, ses titres mondiaux s’élèvent à 10 avec ceux par équipes et en épreuve individuelle.

Le double champion olympique du concours général ne défendra toutefois pas son titre sur cette épreuve, préférant se concentrer sur la barre fixe en raison d’une douleur à une épaule. Il laissera également ses coéquipiers, comme Hidenobu Yonekura, orphelins pour le concours par équipes, où le Japon voudra conserver son titre à domicile.

 

Katie Ledecky (Natation)

La reine de la natation américaine arrive à Tokyo avec de grandes ambitions. À 24 ans, la nageuse écrase la concurrence sur les longues distances depuis le début de la précédente décennie, et compte bien poursuivre sur sa lancée. À Tokyo, elle aura quatre titres olympiques à défendre, ceux du 200m, 400m, 800m et 4x200m nage libre. En 2012, c’est à l’âge de 15 ans seulement que la précoce Katie décrocha pour la première fois l’or olympique à Londres (800m). En championnats du monde, celle qui est originaire de Washington en est à 15 titres mondiaux après quatre participations. L’ogresse revendique également trois records du monde en sa possession actuellement : ceux du 400m, 800m et 1.500m.

 

Teddy Riner (Judo)

Le judoka a fait l’impasse sur les championnats du monde disputés au début du mois de juin dernier afin de mieux préparer ses Jeux olympiques, où il veut marquer l’histoire au sein du pays qui a vu naître le judo. Le colosse guadeloupéen de 2,04m et 139kg vivra à Tokyo ses avant-derniers JO, avant sans doute de s’offrir une sortie à domicile lors des prochains Jeux olympiques de Paris 2024.

Détenteur d’un record de 10 sacres de champion du monde, Teddy Riner va défendre à Tokyo ses deux titres olympiques chez les poids lourds acquis à Londres en 2012 et à Rio en 2016. Remporter une troisième médaille d’or serait un exploit inédit dans cette catégorie, seul le Japonais Tadahiro Nomura a réalisé une performance similaire en 1996, 2000 et 2004, mais c’était dans la catégorie des super-légers. Un troisième titre qui placerait également Teddy Riner un cran au-dessous dans le palmarès qu’un autre immense judoka français, David Douillet.

En finale à Tokyo, Riner pourrait retrouver le Japonais Kokoro Kageura, contre lequel il s’était incliné au Grand Chelem de Paris le 9 février 2020, après 154 victoires et 10 ans sans connaître la défaite ! Un revers finalement salutaire sur la route d’un troisième sacre olympique ?

 

Armand Duplantis (Saut à la perche)

Le petit prodige (21 ans) de la perche va partir en quête d’un premier titre olympique l’été prochain à Tokyo. Détenteur du record du monde en saut à la perche depuis le 15 février 2020 à Glasgow, et une barre franchie à 6,18m, « Mondo » Duplantis a gravi les échelons à vitesse grand V dans un sport où une technique millimétrée est nécessaire afin de performer. Il a en tout cas déjà bien lancé son année 2021, avec un titre européen en salle à Torun, là où il avait franchi 6,17m le 8 février 2020.

Fils d’un perchiste américain, Greg Duplantis, et d’une heptathlète et volleyeuse suédoise, Helena Hedlund, Armand a choisi de défendre les couleurs du pays de sa mère depuis 2015 et ses débuts en compétition internationale. Dès l’âge de 10 ans, le futur recordman du monde passe des barres à 3,86m, laissant présager un avenir radieux dans la discipline. Champion du monde cadets en 2015 à Cali, il décroche ensuite le bronze lors des championnats du monde juniors en Pologne l’année suivante.

En 2017, il établit un nouveau record du monde junior à 5,90m, et dispute ensuite ses premiers mondiaux seniors, qu’il termine neuvième. 2018 sera l’année de la confirmation, avec un nouveau record du monde junior (5,93). Il décroche en août de la même année son premier titre de champion d’Europe senior à Berlin avec un saut à 6,05m. En 2019, il devient vice-champion du monde à Doha à 19 ans seulement, derrière Sam Kendricks. 2020 verra Duplantis améliorer deux fois le record du monde en une semaine et recevoir le prix d’athlète de l’année par l’IAAF. En 2021, Armand Duplantis a réalisé la meilleure performance mondiale de l’année jusqu’ici, avec un saut à 6,10m à Hengelo, aux Pays-Bas. Ses adversaires sont prévenus, le prodigieux Suédois visera l’or olympique à Tokyo, pour rentrer un peu plus dans l’histoire du sport et de l’olympisme.

 

Date de publication: 20 juillet 2021

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