En BMW 318ti Cup, Pol Leytem a signé son premier Top 5 en carrière automobile alors que Pit Venanzi s’est montré très solide, surmontant ses problèmes mécaniques du début de week-end. En Lamera Cup, le team luxembourgeois RaceTrack Competition a mis une course à trouver son rythme avant de décrocher un premier podium. Enfin, à Donington Park, Nathalie Neumann revenait à la compétition dans le cadre du Finecut Radical Cup UK Championship.
Leytem conquérant, Venanzi résilient
La manche inaugurale de la DMV BMW 318ti Cup a laissé des sentiments contrastés à nos pilotes luxembourgeois. Dès les premières minutes, Pit Venanzi (asBest Racing) a compris que le week-end serait compliqué. « On a eu de gros problèmes sur la voiture le vendredi. Je n’ai quasiment pas pu rouler pendant les essais libres. J’ai donc dû faire des qualifications à l’aveugle. C’était tout sauf idéal », regrettait-il. Il sauvait les meubles et obtenait la 29e place, à 2,5’’ de la pôle qui revenait à l’équipage Müller-Garbrecht. Pol Leytem (Cuntz Motorsport) était mieux en jambes et terminait 16e à 1,4’’ de la pôle, avec le sentiment de pouvoir encore faire mieux pendant la course.
Et c’est exactement ce qu’il allait faire. Peu avant la mi-course, il montre un gros rythme et accède à la 6e place. C’est à ce moment-là qu’il décide d’effectuer son arrêt au stand obligatoire. Pit Venanzi est lui aussi sur un excellent rythme, mis à part des petits contacts dans le trafic qui viennent freiner sa progression. Néanmoins, le Top 15 reste en vue. Puis soudain : « J’entends à la radio qu’il y a de l’huile sur la piste. Malheureusement, l’information m’est parvenue trop tard : au moment où je l’entends, je suis déjà parti en tête à queue. » Les conséquences sont lourdes pour lui, car tout son travail est réduit à néant. Mais il n’est pas le seul à en pâtir. Face au danger représenté par l’huile en piste, la direction de course déclenche un Full Course Yellow, imposant une vitesse maximale de 60 km/h à tous les concurrents. Évidemment, comme le temps de parcours s’allonge en piste, mais que celui d’un ravitaillement reste le même, tout le monde rentre aux box et ressort devant le malheureux Pol Leytem qui se retrouve 36e. Il parviendra encore à terminer en 31e place. « Oui, j’étais frustré, mais c’était la faute à pas de chance. Mais en voyant que j’avais signé le 2e meilleur temps de la course, j’abordais la seconde course du weekend avec confiance. Je savais que j’avais le bon rythme. » Pit Venanzi terminait quant à lui à la 27e position. La course a été remportée par Tatu Siipola.
En partant des positions obtenues la veille, on savait que les deux Luxembourgeois allaient se lancer dans une remontée folle. En l’espace de 4 tours, Pol Leytem intègre déjà le Top 20. Pit Venanzi se retrouve 22e au moment où la direction sort un Full Course Yellow en raison d’un accrochage spectaculaire dans le cœur du peloton. Il se retrouve derrière une voiture qui roule en deçà des 60km/h prescrits. L’écart avec l’avant de la course se creuse ainsi sur une phase de neutralisation. Frustrant. De retour sous régime de drapeau vert, Pol Leytem continue sa folle remontée. Tout se passe bien. Enfin, presque : « Mes pneus ont commencé à trop chauffer et on a dû ajuster la pression lors de l’arrêt aux stands pour limiter ce problème. Heureusement, ça a aidé, mais j’étais quand même sous pression jusqu’au bout. » Cette pression, il la gère au mieux et termine finalement 5e, son meilleur résultat dans le championnat depuis qu’il y court. Il passe la ligne à 19 secondes du vainqueur Tatu Siipola. « Je pense que j’aurais pu faire un meilleur résultat encore, si j’étais parti de moins loin sur la grille », analysait-il. « Cela m’aurait permis de ne pas taper autant dans mes pneus. »
Il n’empêche que cette course a été sa meilleure depuis qu’il est passé du karting au sport automobile. C’est d’ailleurs son premier Top 5 dans la discipline, une étape importante dans sa progression et un cap psychologique franchi. Pit Venanzi intégrait quant à lui le Top 20. Un résultat satisfaisant, surtout quand on considère la situation de départ du vendredi. Il poussait néanmoins un petit coup de gueule : « Je regrette qu’il n’y ait pas eu de contrôles mécaniques ce weekend. » Selon lui, certains en auraient profité.
Montée en puissance de RaceTrack Competition
Le week-end dernier était aussi celui de la manche inaugurale de la saison 2025 de la Lamera Cup. On y retrouvait un team luxembourgeois, RaceTrack Competition, qui avait bien l’intention de jouer les premiers rôles sur ces deux courses de Magny Cours. Pour y parvenir, Guillaume Piette, Vincent Piquet, Tommy Rollinger et Gilles Bruckner se partageaient le volant de la Lamera luxembourgeoise.
8e sur la grille de départ de la première course, RaceTrack Competition a connu une entrée en matière un peu plus compliquée. Au terme des 4 heures de la première course, l’écurie termine en 12e position, 6e de la catégorie Elite, à 6 tours du vainqueur, le team 3TM 62 de Wilfried Merafina, Joffrey Dorchy et Mattéo Merafina.
Ce fut bien mieux lors de la course de 7 heures qui avait lieu le lendemain. 10e sur la grille de départ, l’équipe luxembourgeoise a brillé par sa constance. Elle se classait finalement en 5e place du général, à 5 tours des vainqueurs Gregory Fargier, Anaud Marie, Pierre Couasnon et François Coue (CTF Continental Racing) et montait sur la troisième marche du podium en catégorie Elite.
Fort de ces 12e et 5e place, RaceTrack Competition occupe la 6e place du général et pointe en 3e position de la catégorie Elite après le week-end inaugural.
Séance d’apprentissage pour Nathalie Neumann
L’année 2025 doit être une année charnière pour l’ambitieuse pilote Nathalie Neumann. Passée par l’autocross, elle s’est en décembre brillamment qualifiée pour la Formula Woman Nations Cup qui se tiendra du 1er au 5 mai à Dubai et où elle représentera le Benelux. Cette course ne ressemblera à rien de ce que Nathalie Neumann a connu. Elle sera disputée sur l’Autodrome de Dubaï à bord de Radicals, des prototypes britanniques qui sont la référence en rapport performance/prix dans le domaine. Pour préparer ce rendez-vous clé pour la suite de la carrière, rien de mieux qu’un test grandeur nature à Donington Park, pour la manche inaugurale du Finecut Radical Cup UK. « C’était une expérience magnifique. J’ai encore du mal à réaliser que j’ai participé à une aussi grande course. C’était un rassemblement énorme. Il y avait beaucoup de monde et l’ambiance était magique. Rien de comparable à ce que j’avais pu vivre jusque-là », réagissait-elle d’emblée à notre micro. Avec la finlandaise Flame Airikkala, elles se partageaient le volant de l’une des voitures estampillées Formula Woman. Objectif ? Apprendre et, au passage, battre l’autre Formula Woman, si possible. Mais pour cela, il fallait vite se mettre dans le bain. Elle partait en effet avec un handicap sur ses rivaux : elle n’avait pas pu participer aux tests days qui avaient eu lieu le weekend précédent. Qu’à cela ne tienne, l’une des qualités de la Luxembourgeoise est l’adaptation. « J’ai rapidement pris mes marques. Entre le premier et le dernier jour de course, j’ai gagné 10 secondes au tour », relatait-elle avant d’ajouter : « Ce sont des voitures idéales pour appendre. Elles sont très rapides et impressionnantes quand on n’est pas habitué à ces vitesses. En plus, à Donington Park, on commence le tour par une descente rapide, où l’on atteint sans problème les 230km/h. Au début, l’instinct nous dit d’enlever le pied de l’accélérateur. Pourtant, au fil des tours, on remarque qu’on peut passer à fond de 6e. »
Au programme : 3 courses. Neumann et Airikkala en disputent chacune une de 25 minutes et font équipe pour la dernière de 50 minutes. C’est Airikkala qui dispute la première course. Partie 9e, elle termine à une excellente 6e place et remporte la catégorie Team. Puis vient le tour de Nathalie Neumann. Elle imite sa coéquipière en remportant la catégorie Team et termine 8e au général. De bon augure pour celle qui prenait son tout premier départ sur un tel bolide. « Le départ était un départ lancé. C’est très différent par rapport à tout ce que j’ai connu jusqu’ici. Il m’a fallu un départ pour m’habituer, mais dès le 2e, ça s’est beaucoup mieux passé », expliquait-elle. Et pour cause, pour la dernière course, au cours de laquelle elle se partageait le volant avec la pilote finlandaise, les deux coéquipières ont haussé le ton, prenant un tour à l’autre Formula Woman. Elles terminaient 7e et de nouveau en première place de la catégorie Team, leur permettant de remporter l’événement dans cette catégorie.
Voilà donc un apprentissage réussi haut la main. Mais, mise à part la Formula Woman Nations Cup, quelle sera la suite pour Nathalie Neumann ? « J’aimerais beaucoup continuer à piloter en Radical, que ce soit dans le championnat de Grande-Bretagne ou du Benelux. Cela dépendra évidemment du programme que je serai capable de mettre en place avec mes sponsors et partenaires », nous expliquait-elle. En attendant, elle a un petit mois pour se préparer pour une échéance qui pourrait changer la suite de sa carrière dans le sport mécanique.
Andy Foyen
Mental Médias SARL
15 Rue Emile Mark
L-4620 Differdange LUXEMBOURG