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Sports de combat

Comment les arts martiaux combattent la crise

Premières disciplines sportives arrêtées par l’épidémie de covid-19, les sports de combats et les arts martiaux seront aussi les derniers à retrouver des conditions normales d’entraînement. Face à l’incertitude des calendriers et les restrictions sanitaires, les karatékas, judokas, boxeurs et autres athlètes doivent repenser leur manière de s’entraîner, en attendant des jours meilleurs.


Le 11 mai dernier, qui marquait le début de la levée progressive des mesures de confinement pour le monde sportif, les annonces du ministre Dan Kersch avaient été vécues comme une grande bouffé d’oxygène pour des sports en apnée depuis de longues semaines. Les sports de combat, qui avaient été les plus handicapés par la crise, ont également pu mieux respirer. Et pour cause, ces annonces avaient été synonymes de reprise partielle des entraînements, sous conditions.


«Nous avons pu nous entraîner en extérieur  avec les jeunes licenciés et mener des séances d’entraînement assez spéciales. On a dû s’adapter et changer nos habitudes. C’était un peu difficile pour les enfants au début. Pour nous, il fallait être créatifs pour qu’ils prennent plaisir » raconte Leticia Ferreira, entraîneuse des jeunes (6 à 18 ans) au Karaté Club Strassen. Privés, de leur magnifique dojo national, c’est au Parc Laval qu’ils ont travaillé, jusqu’à ce que la commune de Strassen ne rouvre ses infrastructures sportives le 24 juin.



Pendant cet arrêt forcé, il a fallu repenser l’entraînement. Travailler les points faibles, la préparation physique ou soigner des petits bobos: tels étaient les principaux bénéfices de cette longue trêve pour la majorité des athlètes. Blessée à la cheville et en pleine période de révisions pour le bac au coeur du mois de mai, la karatéka Kimberly Nelting, qui visait une participation aux JO, en a profité pour faire un break nécéssaire. « J’ai mis le karaté sur pause, mais je me suis fait un petit plan d’entraînement, en plus du programme de mon kiné. J’en ai aussi profité pour récupérer mentalement » confie la jeune fille, qui admet avoir été soulagée d’un mois de mai qui aurait rimé avec bac et tournoi de qualification olympique, un poids qui s’est libéré de ses épaules avec l’arrêt des compétitions et le report des JO à 2021.


Du côté du judo, même son de cloche pour ceux dont la distanciation sociale était un concept inconnu avant le début de la crise.  La dojo de la Coque est ouvert aux sportifs de haut niveau comme Claudio Dos Santos qui profitent essentiellement des appareils de musculation. Les contacts étant toujours impensables, le  reste de l’entraînement est fondé sur la préparation physique, la technique et l’utilisation de gros mannequins gonflables sur les lesquels les athlètes réalisent leurs prises.  « C’est difficile pour tout le monde. On va lancer une formation « spéciale entraîneurs » car peu d’entre eux sont habitués à ces entraînements  sans contact. Nous travaillons à un programme conjoint avec le karaté car nous savons que cette situation de distanciation peut durer encore un certain temps. » explique Serge Schaul, le président de la Fédération luxembourgeoise des arts martiaux (FLAM), mais également entraîneur de judo.



Le MMA résiste


Alors que certains sports ont déjà établi de nouveaux calendrier, pour la plupart des athlètes des sports de combat, un grand flou entoure la date d’un potentiel retour des compétitions. C’est le cas du boxeur du Sandsak Muay Thai, Prince Junior, privé d’entraînement comme les autres, et longtemps réduit à faire des rounds de shadow boxing (boxe dans le vide et sans gants) dans son jardin et un peu d’entretien physique. « Tous mes combats sont reportés, et je ne sais pas encore si je boxerai cette année. C’est une petite crise pour tous les boxeurs..., on espère tous reprendre le plus vite possible les entraînements normaux » déplorait la semaine dernière celui qui affiche encore un palmarès vierge de défaite et qui espère secrètement monter sur le ring en fin d’année.



Enfin, si les compétitions ont majoritairement été annulées, il y a un sport qui résiste: le MMA. Les grandes organisations professionnelles ont dores et déjà annoncé qu’elle organiseraient des compétitions à huis clos. Pour Miomir Vujovic, entraîneur d’Issa Isakov, qui a récemment signé un contrat de 5 combats professionnels pour l’organisation Brave Combat Federation, la crise était également un défi. « La relation entre entraineurs et athlètes est très importante. Je n’ai rien contre les entrainements sur internet, mais au début, c’était frustrant de perdre le contact physique avec les athlètes.On a dû organiser un nouveau type d’entraînement, totalement nouveau. Il fallait chercher à adapter les techniques, motiver les athlètes... Certains ont mal vécu le confinement » explique "Miki" qui est également le président de la fédération luxembourgeoise de MMA.


Aujourd'hui, si le comité directeur de la Fédération luxembourgeoise des arts martiaux a officiellement autorisé à ses clubs la reprise en indoor en suivant les recommandations gouvernementales et en respectant les préconisations sanitaires, la décision d'ouverture des halls sportifs relève toujours de la compétence des communes. La distanciation sociale, elle reste de mise. Et pour encore un certain temps...
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Date de publication: 02 juillet 2020

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